Les chefs s’attaquent sur des propos tenus la veille lors du débat
Duhaime s’est attiré les foudres de ses rivaux après avoir affirmé vouloir expulser 70000 demandeurs d’asile du Québec..
Lors du débat télévisé des chefs du 23 septembre 2026, organisé à Montréal, les principaux candidats à l’élection québécoise de 2026 ont échangé des critiques acerbes sur leurs propositions. Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec, a notamment suscité la polémique en annonçant son intention d’expulser 70 000 demandeurs d’asile présents au Québec. Il a justifié cette mesure en affirmant que plus du tiers de ces personnes seraient des faux réfugiés, c’est-à-dire des individus dont la demande d’asile a été rejetée pour fraude ou pour des motifs non valables. Duhaime a également proposé de réduire le nombre annuel de nouveaux demandeurs d’asile à une fourchette de 5 000 à 10 000, un niveau comparable aux restrictions imposées pendant la pandémie de COVID-19. Le débat a été modéré par Patrice Roy, un journaliste connu du public québécois.
Les autres chefs de parti ont vivement réagi aux propos d’Éric Duhaime. Christine Fréchette, cheffe de la Coalition avenir Québec (CAQ) et première ministre sortante, a critiqué l’idée d’expulsion en rappelant que la décision d’accorder ou non le statut de réfugié relève du gouvernement fédéral, et non du Québec. Elle a également souligné que cette mesure pourrait nuire à l’image d’ouverture du Québec, une province historiquement accueillante envers les immigrants. Ruba Ghazal, co-porte-parole de Québec solidaire (QS), a quant à elle dénoncé une rupture avec la tradition d’accueil du Québec, citant des figures comme l’écrivaine Kim Thúy ou l’auteur Dany Laferrière, qui étaient eux-mêmes des demandeurs d’asile avant de contribuer à la culture québécoise. Duhaime a maintenu sa position, affirmant que certains services sociaux offerts aux demandeurs d’asile étaient inaccessibles aux citoyens québécois de naissance.
La question des faux demandeurs d’asile a déjà fait l’objet de débats houleux en 2025. À l’époque, François Legault, alors premier ministre, avait affirmé que la moitié des demandeurs d’asile au Québec utilisaient de faux motifs pour obtenir le statut de réfugié. Cependant, le cabinet du ministre Roberge avait ultérieurement corrigé ce chiffre : seuls 39 % des dossiers de demandeurs d’asile avaient été rejetés en 2025. Cette divergence illustre les tensions autour des statistiques utilisées dans le débat politique. Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois (PQ), a choisi de ne pas commenter immédiatement la proposition de Duhaime, indiquant que son parti publierait prochainement une position officielle sur le sujet.
Lors du même débat, Paul St-Pierre Plamondon a confirmé son intention de tenir un référendum sur l’avenir politique du Québec au cours d’un premier mandat, même si les sondages actuels indiquent qu’environ 70 % des Québécois voteraient non à une telle question. La cheffe de la CAQ, Christine Fréchette, a critiqué cette proposition en rappelant les échecs des référendums de 1980 et 1995. En 1980, le Québec avait perdu et avait ensuite subi le rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne par Ottawa. En 1995, la défaite avait conduit à l’adoption de la loi sur la clarté, qui encadre les conditions d’un éventuel référendum d’indépendance. Fréchette a estimé que ces précédents montraient que le Québec n’avait rien gagné à organiser de tels votes. Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a pour sa part dénoncé l’entêtement de St-Pierre Plamondon, dont le parti est donné favori pour remporter une majorité de sièges selon les projections.
À 11 jours du scrutin du 5 octobre 2026, les chefs multiplient les déplacements dans les circonscriptions clés pour tenter de mobiliser leurs électeurs. Christine Fréchette, en campagne à Trois-Rivières, pourrait y perdre son siège au profit de Jean Pellerin, candidat du PQ, selon les projections. La CAQ, bien que donnée en tête dans les intentions de vote, pourrait terminer au deuxième ou troisième rang, derrière les libéraux. De son côté, Paul St-Pierre Plamondon se dit confiant dans sa capacité à élargir son avance, avec des projections plaçant le PQ à deux sièges de la majorité absolue (62 sièges sur 125). L’autobus de Québec solidaire a sillonné la région de la Capitale-Nationale, où la circonscription de Jean-Lesage, représentée par Sol Zanetti, est également en jeu. Les dernières projections de Qc125, un agrégateur de sondages, confirment une course très serrée dans plusieurs régions.

