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Une couverture noire pour masquer les satellites : la solution face à la pollution lumineuse ?

Numerama · mis à jour 2 juil.

Des scientifiques ont développé un revêtement destiné aux constellations de satellites. D'une couleur « plus noire que noire », il devrait éviter que ces engins ne dérangent les observations du ciel nocturne..

Croissance des satellites

Les constellations de satellites en orbite basse, comme celles de Starlink, se multiplient rapidement. Leur nombre pourrait être multiplié par 10 ou 20 d’ici quelques décennies, selon les projections des opérateurs. Ces engins, de plus en plus nombreux et parfois plus grands, deviennent une source de pollution lumineuse majeure. Ils perturbent non seulement les observations astronomiques réalisées depuis le sol, mais aussi celles effectuées par des télescopes spatiaux en orbite autour de la Terre. Leur luminosité intense crée des traînées lumineuses visibles sur les images capturées, rendant difficile l’étude des étoiles et des galaxies lointaines. Les astronomes, amateurs comme professionnels, alertent sur cette situation qui risque de s’aggraver avec l’expansion de ces constellations.

Problème de la pollution lumineuse

La pollution lumineuse désigne la présence excessive de lumière artificielle dans le ciel nocturne, qui perturbe les observations astronomiques. Les satellites en orbite basse, en réfléchissant la lumière du Soleil, ajoutent une nouvelle forme de cette pollution. Même les observatoires les plus puissants, comme ceux équipés de télescopes spatiaux, subissent ces interférences. Par exemple, jusqu’à 96 % des clichés de certains télescopes spatiaux pourraient être photobombés par des satellites, selon des études citées dans l’article. Les astronomes doivent déjà corriger leurs images pour éliminer ces traces lumineuses, mais cette méthode devient inefficace si le nombre de satellites continue d’augmenter. Les interférences radio, causées par les signaux émis par ces engins, compliquent également les observations.

Solution : le Vantablack 310

Pour limiter l’impact des satellites sur les observations astronomiques, des scientifiques de l’Université de Surrey (Royaume-Uni) ont développé un revêtement nommé Vantablack 310. Ce matériau, qualifié de « plus noir que noir », absorbe 98 % de la lumière reçue, ne renvoyant que 2 % de celle-ci. Contrairement à un simple noir mat, le Vantablack diffuse cette faible lumière de manière extrêmement diffuse, évitant ainsi les reflets directs qui pourraient créer des flashs lumineux. Ce revêtement présente plusieurs avantages : il est léger, durable dans le vide spatial et efficace quel que soit l’angle de vision. Il a été validé en laboratoire et doit prochainement être testé en orbite sur le satellite étudiant Jovian-1.

Limites de la solution

Bien que le Vantablack 310 représente une avancée, il ne constitue pas une solution miracle face à la prolifération des satellites. Son efficacité reste limitée face à la croissance exponentielle du nombre d’engins en orbite basse. De plus, il ne résout pas le problème des interférences radio, causées par les signaux émis par les satellites, qui perturbent également les observations astronomiques. Les astronomes soulignent que des mesures complémentaires, comme la régulation du nombre de satellites ou leur conception moins réfléchissante, seront nécessaires pour préserver la qualité des observations. Sans cela, les constellations de satellites pourraient rendre certaines zones du ciel inobservables, même avec les télescopes les plus performants.

Ce que ça pourrait changer

L’étude sur le Vantablack 310 a été publiée le 1er juillet 2026 dans la revue *Monthly Notices of the Astronomical Society*. Les chercheurs de l’*Université de Surrey* sont à l’origine de ce projet, qui s’inscrit dans une démarche de collaboration avec les acteurs du spatial, comme *SpaceX* (propriétaire de *Starlink*). Ces entreprises ont déjà tenté de réduire la luminosité de leurs satellites, mais sans succès complet. Les astronomes, représentés par des organisations comme *NOIRLab* (qui a étudié l’impact des satellites *Starlink*), plaident pour une régulation internationale afin de limiter les nuisances causées par ces constellations. Le contexte est donc à la fois scientifique, technologique et politique.

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