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Géopolitique

Les leçons d’indépendance du Canada au reste du monde

Courrier International · mis à jour il y a 18 j

À la veille d’un référendum en Alberta crucial pour l’unité du Canada, “The Economist” vante les qualités du Premier ministre fédéral, Mark Carney, qui résiste depuis dix-huit mois aux assauts répétés de Donald Trump en matière de droits de douane et a toujours le “vent en poupe” à domicile. Il “montre aux puissances moyennes comment composer avec un monde dangereux”..

Carney en première page

Le 17 octobre 2026, l'hebdomadaire britannique The Economist consacre sa une au Premier ministre canadien Mark Carney. Le journal met en avant son image souriante avec une feuille d'érable entre les dents, accompagnée de la phrase en anglais "Pas désolé" ("Not sorry"). Ce choix éditorial souligne la résistance de Carney face aux pressions des États-Unis, notamment celles du président américain Donald Trump. Mark Carney, en poste depuis dix-huit mois en octobre 2026, est présenté comme un exemple pour les puissances moyennes dans un monde dangereux. The Economist le décrit comme la vedette d’un bras de fer durable contre les États-Unis, où Trump considère le Canada comme un pays parasite qui profiterait des États-Unis depuis des décennies.

Conflit commercial USA-Canada

Le conflit oppose le Canada et les États-Unis depuis plusieurs mois, avec des tensions commerciales croissantes. Donald Trump a multiplié les droits de douane (taxes sur les importations) contre les produits canadiens, qualifiant le pays de parasite. Mark Carney, malgré la faiblesse relative du Canada — décrit comme une puissance moyenne avec une économie atone (peu dynamique) et des forces armées dérisoires (très limitées) — refuse de céder. Le Canada dépend fortement de son commerce avec les États-Unis, mais Carney mise sur des accords commerciaux alternatifs et une diversification de ses partenariats pour limiter l’impact des sanctions américaines. Le journal souligne que cette résistance est devenue un symbole pour d’autres pays face à l’hégémonie américaine.

Risque de sécession en Alberta

Le 19 octobre 2026, la province canadienne de l’Alberta organise un référendum sur une éventuelle sécession (sortie du Canada). Cette province riche en pétrole souhaite emporter avec elle une grande partie des réserves pétrolières du pays, estimées à plus que l’ensemble des États-Unis. Ce référendum met en lumière les tensions internes au Canada et fragilise la position de Mark Carney. Cependant, les sondages indiquent que la majorité des Albertains devraient voter pour rester dans la fédération canadienne. The Economist y voit une preuve de la résilience du pays et de la capacité de Carney à gérer les crises internes tout en affrontant les pressions extérieures.

Stratégie canadienne pragmatique

Face à un monde dangereux marqué par l’unilatéralisme américain et les tensions géopolitiques, Mark Carney adopte une stratégie pragmatique (réaliste et concrète). Il mise sur trois axes principaux : le réalisme quant au poids limité des pays herbivores (terme désignant les pays qui évitent les conflits et privilégient la diplomatie) dans un contexte de rivalités, la mutualisation des efforts pour atténuer les dégâts économiques, et la diplomatie symbolique via des accords commerciaux, comme des discussions pour une adhésion associée à l’Union européenne. Par exemple, le Canada a augmenté ses dépenses militaires de 1,3 % à 2 % de son PIB (Produit Intérieur Brut), un niveau encore faible mais en progression. Ces mesures visent à protéger l’économie canadienne tout en évitant une confrontation directe avec les États-Unis.

Leçons pour les puissances moyennes

The Economist présente le Canada comme un modèle pour les puissances moyennes (pays de taille et d’influence intermédiaires) confrontées à des géants comme les États-Unis. Le journal salue la capacité de Mark Carney à composer avec un monde dangereux en combinant résistance, diplomatie et réformes internes. Parmi les leçons clés, on trouve l’importance de diversifier les partenariats commerciaux, de renforcer les alliances régionales et de ne pas sous-estimer le pouvoir de négociation même d’un pays de taille modeste. Le Canada illustre aussi comment une politique intérieure libérale (favorisant l’ouverture économique et les réformes structurelles) peut servir de levier en politique étrangère. Enfin, l’article souligne que la cohésion nationale, malgré les tensions internes comme le référendum albertain, reste un atout majeur.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs jouent un rôle central dans cette situation. Mark Carney, Premier ministre canadien depuis janvier 2026, est présenté comme une figure de résistance face à Donald Trump, président des États-Unis depuis 2017. Trump est décrit comme un président protectionniste, utilisant les *droits de douane* comme outil de pression économique. *The Economist*, hebdomadaire britannique fondé en 1843, est un média libéral (favorisant le libre-échange et la mondialisation) qui défend généralement ces valeurs. Le journal souligne que le Canada, malgré ses faiblesses structurelles, parvient à tirer son épingle du jeu grâce à une gestion habile des crises. Le référendum albertain du 19 octobre 2026 et les tensions commerciales avec les États-Unis constituent le contexte immédiat de cette analyse.

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