Une congrégation religieuse dans Portneuf visée par une action collective
D’anciens pensionnaires de l’orphelinat du Lac-Sergent déposent une demande d’action collective..
Des anciens pensionnaires de l’orphelinat du Lac-Sergent, aussi appelé Institut Saint-Jean-Baptiste, ont déposé une demande d’action collective contre la congrégation religieuse L’Institut des Frères de Notre-Dame de Miséricorde. Cette action judiciaire vise à représenter toutes les personnes ayant subi des agressions sexuelles commises par des membres de cette congrégation ou son personnel entre 1939, année d’ouverture de l’établissement, et 1976, année de sa fermeture. L’objectif est de faire reconnaître la responsabilité de l’institut dans ces actes et d’obtenir une indemnisation pour les victimes. Le cabinet d’avocats Dufresne Wee S.E.N.C.R.L. porte cette demande, comme il le fait pour d’autres affaires similaires impliquant des écoles privées, des diocèses ou des congrégations religieuses au Québec.
Parmi les membres de la congrégation cités dans la demande, quatre frères sont nommés : Jacques, Mario, Richard et Gelly. Les victimes allèguent que ces frères, ainsi que d’autres membres du personnel laïc de l’institut, ont commis des agressions sexuelles répétées sur des enfants sous leur responsabilité. Un des demandeurs affirme avoir dénoncé les agressions du frère Jacques au directeur de l’époque, sans que cela n’arrête les faits. L’avocat Antoine Duranleau-Hendrickx souligne que ces agressions ne relevaient pas d’actes isolés, mais d’un système répété et continu, malgré les signalements. Cinq frères agresseurs ont été identifiés à ce stade, mais d’autres pourraient être ajoutés si de nouvelles victimes se manifestent.
Les demandeurs demandent au Tribunal de déclarer L’Institut des Frères de Notre-Dame de Miséricorde responsable, en tant qu’institution, des agressions sexuelles commises par ses membres ou son personnel. Ils estiment que l’institut avait le devoir de garantir un environnement sécuritaire pour les enfants qui lui étaient confiés par l’État ou leurs familles. Cette action s’inscrit dans une série de procédures similaires menées par le même cabinet d’avocats contre d’autres institutions religieuses ou éducatives au Québec, visant à obtenir réparation pour les victimes. L’institut existe toujours, mais très peu de ses membres sont encore en vie aujourd’hui.
Les avocats du cabinet Dufresne Wee S.E.N.C.R.L. invitent les personnes ayant fréquenté l’orphelinat du Lac-Sergent et ayant été victimes d’abus sexuels à les contacter. Ce processus est gratuit et confidentiel. L’avocat Antoine Duranleau-Hendrickx précise que de nombreuses autres victimes pourraient encore se manifester, car les agressions présumées ont eu lieu sur une longue période, entre 1939 et 1976. Il ajoute que le dépôt de cette action collective ouvre des droits pour les victimes, qui peuvent ainsi faire valoir leurs revendications. À ce jour, seulement cinq frères agresseurs ont été identifiés, mais ce nombre pourrait augmenter avec de nouvelles dénonciations.
Un membre de cette congrégation, Jean-Paul Thibault, a déjà été condamné à huit ans de prison en 2017 pour des agressions sexuelles commises au collège Saint-Hilaire à Saint-Hyacinthe dans les années 1980. Cette affaire avait également fait l’objet d’une action collective, illustrant le pattern de comportements abusifs au sein de cette institution. L’orphelinat du Lac-Sergent, quant à lui, a fermé ses portes en 1976, mettant fin à une période durant laquelle des enfants y ont subi des violences systémiques. Les victimes de cette époque cherchent aujourd’hui à obtenir justice et réparation.

