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Géopolitique

Une sépulture chimú intacte, vieille de six cents ans

Courrier International · mis à jour il y a 5 j

Préservée du pillage par une masse de pierre compacte, une tombe de la cité précolombienne en terre crue de Chan Chan, à Trujillo, au Pérou, devrait permettre aux archéologues de reconstituer les rites funéraires de la noblesse chimú..

Découverte exceptionnelle

Des archéologues péruviens ont mis au jour une sépulture chimú intacte, vieille de six cents ans, dans la cité pré-inca de Chan Chan. Cette chambre funéraire, située dans l’enceinte fortifiée d’Utzh An, était protégée par une masse de pierre compacte qui a empêché son pillage pendant des siècles. À l’intérieur, les chercheurs ont découvert les restes de 38 individus, dont un haut dignitaire chimú identifié par des pigments rouges. Ce dignitaire était accompagné d’objets précieux comme des armes en métal, des bijoux en cuivre et or, ainsi que des perles de spondyle, un coquillage utilisé comme parure. Cette découverte est considérée comme exceptionnelle car la plupart des tombes chimú connues jusqu’à présent avaient été pillées ou altérées, ce qui limitait la compréhension des rites funéraires de cette civilisation.

Contexte historique

La civilisation chimú s’est développée sur la côte nord du Pérou entre 900 et 1470 après J.-C., avant d’être conquise par les Incas. Chan Chan, son centre politique, s’étendait sur environ 20 km² et abritait jusqu’à 30 000 personnes. Cette cité, construite en pisé, était composée de dix ensembles fortifiés et a été inscrite sur la Liste du patrimoine mondial en péril par l’Unesco en 1986 en raison des menaces de pillages et d’inondations. La découverte de cette sépulture, annoncée le 8 septembre par le ministère de la Culture péruvien, est présentée comme l’un des faits marquants de la huitième saison de fouilles dans la citadelle de Chan Chan.

Rituels et mystères

Les indices découverts dans la sépulture soulèvent des questions sur d’éventuels rituels sacrificiels. Le ministre péruvien de la Culture, Alberto Beingolea Delgado, a souligné que la tombe, restée cachée pendant plus de six cents ans, commence à peine à révéler son histoire. Les archéologues ont identifié un petit escalier menant à une plateforme pyramidale en pisé de 17 mètres de côté et 5 mètres de hauteur, avec une chambre principale et un vestibule. Les analyses futures, incluant des études anthropométriques et botaniques, pourraient apporter des réponses sur les pratiques funéraires et sociales des Chimú. La chambre funéraire devra être refermée avant les fortes pluies prévues en novembre en raison de l’urgence des travaux.

Ce que ça pourrait changer

L’équipe d’experts chargée de l’étude de la sépulture est composée d’environ une centaine de professionnels, incluant des archéologues, topographes, conservateurs, photographes, ingénieurs civils et ouvriers péruviens. Leur travail consiste à exhumer les restes humains et les objets, puis à les analyser dans des laboratoires nationaux et étrangers. Les fouilles sont menées dans un contexte de préservation urgente, car le site de Chan Chan est menacé par les pillages et les intempéries. Les archéologues travaillent donc contre la montre pour documenter et protéger ce patrimoine avant qu’il ne soit endommagé par les pluies ou d’autres facteurs environnementaux.

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