À Rotterdam, l’indignation après un mort lors d’une intervention policière
Alfredo Goeloe, 51 ans, roulait à vélo lorsqu’il a été arrêté par la police. Pour éviter une fouille, il a pris la fuite, a été rattrapé et plaqué au sol par les agents, qui ont ignoré ses appels à l’aide et ses avertissements concernant son diabète.
Le 14 septembre 2026 à Rotterdam, aux Pays-Bas, un incident mortel impliquant la police locale a provoqué une vague d’indignation. Alfredo Goeloe, un homme de 51 ans d’origine dominicaine, est décédé lors de son interpellation par deux agents. Cet événement s’est produit alors qu’il fêtait la naissance prochaine de son enfant. Diabétique, il avait quitté son domicile en fatbike (un vélo électrique très répandu aux Pays-Bas) pour se procurer des médicaments. Les agents, qui recherchaient deux suspects d’un vol de fatbike, l’ont interpellé pour excès de vitesse et absence de documents. La situation a dégénéré lorsqu’il a refusé une fouille, avant de prendre la fuite et d’être rattrapé.
Selon le parquet néerlandais, les policiers ont tenté de fouiller Alfredo Goeloe après l’avoir arrêté pour excès de vitesse et défaut de papiers. Celui-ci a refusé, probablement parce qu’il transportait des produits stupéfiants (non précisés dans l’article). Il a alors pris la fuite, a été rattrapé et plaqué au sol par les agents. Lors de la lutte, il aurait appelé à l’aide en précisant qu’il était diabétique, une information ignorée par les policiers. Il est décédé peu après. Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas détaillées dans l’article, mais des témoignages recueillis par De Volkskrant suggèrent que les agents n’ont pas tenu compte de son état de santé.
La mort d’Alfredo Goeloe a suscité une forte émotion à Rotterdam, où une marche silencieuse a eu lieu deux jours plus tard. Des manifestants ont brandi une banderole portant le message « Aujourd’hui, c’est lui. Demain, ça pourrait être toi », dénonçant les violences policières. L’entourage de la victime accuse la police de racisme structurel, estimant que la couleur de peau d’Alfredo Goeloe a joué un rôle dans la violence de l’intervention. Ces accusations s’inscrivent dans un contexte plus large de tensions entre les minorités et les forces de l’ordre aux Pays-Bas, notamment dans le quartier de Charlois à Rotterdam, où la méfiance envers la police est particulièrement marquée.
Cet incident relance le débat sur les méthodes policières aux Pays-Bas, déjà critiquées pour leur brutalité présumée, notamment envers les minorités ethniques. Le quartier de Charlois, où s’est produit l’événement, est souvent cité comme un exemple de cette défiance. Les associations locales et les habitants dénoncent une violence policière systémique, tandis que les autorités promettent une enquête approfondie. L’affaire soulève également des questions sur la formation des policiers, leur gestion des situations de stress et leur sensibilité aux problèmes de santé, comme le diabète. Aucune décision officielle n’a encore été prise concernant les agents impliqués au moment de la rédaction de l’article.
Les Pays-Bas, souvent perçus comme un pays progressiste, font face à des tensions croissantes autour des questions raciales et sécuritaires. Rotterdam, deuxième ville du pays, est un foyer de ces débats, avec une population diversifiée et des inégalités socio-économiques marquées. L’affaire Alfredo Goeloe intervient dans un contexte où l’extrême droite progresse politiquement, alimentant les craintes d’une montée des discriminations. Les médias locaux, comme *NOS* et *De Volkskrant*, couvrent largement l’événement, reflétant l’importance du sujet dans le débat public néerlandais. Aucune mesure concrète n’a encore été annoncée pour apaiser les tensions.

