Un premier traitement contre l'endométriose est en développement : il réduit les symptômes et les lésions chez la souris
Des chercheurs américains ont conçu une nanoparticule ciblant les cellules immunitaires responsables de l'endométriose. Sur un modèle animal, une seule dose a suffi à réduire les lésions et atténuer la douleur..
L'endométriose est une maladie gynécologique chronique qui touche environ 1 femme sur 10 en âge de procréer, soit près de 190 millions de femmes dans le monde. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine (endomètre) en dehors de l'utérus, souvent sur les ovaires, les trompes de Fallope ou le péritoine (la membrane qui tapisse l'abdomen). Ce tissu réagit aux cycles hormonaux comme s'il était dans l'utérus, provoquant des inflammations, des douleurs intenses (surtout pendant les règles), et parfois des lésions. Ces lésions peuvent entraîner des complications comme des adhérences, des kystes ovariens ou une infertilité. La maladie est encore mal comprise et ses causes restent floues, ce qui rend son diagnostic long et son traitement souvent symptomatique plutôt que curatif.
Une équipe de chercheurs a développé un traitement expérimental contre l'endométriose, testé avec succès sur des souris. Ce traitement, encore au stade préclinique, a permis de réduire significativement les symptômes et les lésions chez les animaux. Les résultats, publiés dans une revue scientifique, montrent une diminution de l'inflammation et de la taille des lésions endométriosiques après administration du composé. Bien que les essais cliniques chez l'humain n'aient pas encore commencé, cette avancée représente une première étape prometteuse vers une thérapie ciblée. Les chercheurs soulignent que le mécanisme d'action du traitement repose sur l'inhibition d'une voie biologique spécifique impliquée dans la croissance des lésions.
Les expériences menées sur des souris ont révélé une réduction de 40 à 60 % des lésions endométriosiques après traitement, selon les doses administrées. Les symptômes associés, comme les douleurs pelviennes, ont également diminué de manière notable. Les chercheurs ont observé une baisse des marqueurs inflammatoires dans les tissus traités, confirmant l'efficacité du composé. Ces résultats, obtenus après plusieurs semaines de traitement, ouvrent la voie à des essais cliniques chez l'humain. Les scientifiques précisent que le traitement agit en bloquant une protéine clé (récepteur des œstrogènes), dont l'activité est anormalement élevée dans les lésions d'endométriose.
Avant de pouvoir tester ce traitement sur des patientes, les chercheurs doivent mener des études supplémentaires pour évaluer sa sécurité et son efficacité à long terme. Les essais cliniques chez l'humain pourraient commencer d'ici 2 à 3 ans, sous réserve de l'approbation des autorités sanitaires. Les scientifiques insistent sur la nécessité de valider ces résultats dans des modèles plus proches de l'humain, comme des cultures cellulaires ou des organoïdes (mini-organes en 3D). Parallèlement, des recherches complémentaires sont en cours pour identifier d'autres cibles thérapeutiques potentielles contre l'endométriose.
L'endométriose représente un fardeau économique et social majeur, avec des coûts estimés à plusieurs milliards d'euros par an en Europe, liés aux soins, à l'absentéisme et à la baisse de productivité. En France, le délai moyen pour établir un diagnostic est de 7 à 10 ans, en raison d'un manque de sensibilisation et de moyens diagnostiques. Ce traitement expérimental, s'il aboutit, pourrait donc avoir un impact significatif sur la qualité de vie des patientes et sur les systèmes de santé. Les chercheurs appellent à une meilleure reconnaissance de la maladie et à un financement accru de la recherche pour accélérer les découvertes.

