La Chine met en garde les États-Unis contre leurs sanctions “illégales” pour étouffer l’Iran
Principal client du pétrole iranien, la Chine est un défi majeur pour la stratégie d’asphyxie économique annoncée par Washington. Mardi 25 août, Pékin a dénoncé des sanctions “unilatérales illégales” et fait planer la menace de représailles..
En août 2026, les tensions entre les États-Unis et l'Iran s'intensifient avec l'annonce par Washington d'un « jour J économique », une série de sanctions destinées à asphyxier économiquement Téhéran. Ces mesures visent à réduire les revenus pétroliers de l'Iran, principal levier de financement de son régime. La Chine, premier client du pétrole iranien (80 à 90% des exportations), joue un rôle central dans ce conflit. Pékin importe massivement du pétrole iranien pour alimenter son économie, malgré les sanctions américaines existantes. Cette dépendance crée une friction majeure entre les deux superpuissances, car la Chine refuse de se soumettre aux restrictions imposées par les États-Unis, qu'elle considère comme illégales au regard du droit international.
Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, a dévoilé le 24 août 2026 de nouvelles sanctions dites « secondaires », visant des navires, des personnes et des sociétés impliquées dans le commerce avec l'Iran. Ces sanctions s'appliquent notamment à des entités basées à Hong Kong et en Chine continentale, mais excluent délibérément les grandes institutions financières chinoises. Cette prudence s'explique par la crainte des États-Unis de provoquer une réaction chinoise disproportionnée, alors qu'un sommet entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping est prévu à Washington dans un mois. L'objectif est d'étrangler l'économie iranienne sans déclencher une crise ouverte avec Pékin, qui pourrait riposter en restreignant ses exportations de minerais critiques ou en ciblant les marchés financiers américains.
Face à ces sanctions, la Chine a réagi avec fermeté le 25 août 2026. Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Lin Jian, a dénoncé des mesures « unilatérales illégales », soulignant qu'elles n'ont « aucun fondement en droit international » et ne sont pas autorisées par le Conseil de sécurité de l'ONU. Pékin a averti que des représailles seraient prises si des entreprises chinoises étaient affectées par ces sanctions. La Chine insiste sur le fait que les « guerres économiques ne sont pas la solution » et promet de « défendre fermement ses droits et ses intérêts ». Cette posture reflète une stratégie de résistance croissante, notamment via des « raffineries théières », de petites entreprises privées chinoises qui continuent d'importer et de traiter du pétrole iranien malgré les pressions américaines.
Les sanctions américaines contre l'Iran illustrent la difficulté pour Washington d'isoler Téhéran économiquement, en raison de l'opposition de la Chine et d'autres partenaires commerciaux. Les États-Unis doivent naviguer entre leur objectif de réduire l'influence iranienne et le risque de déclencher un conflit commercial avec la Chine, dont l'économie mondiale dépend fortement. Le sommet Trump-Xi prévu fin septembre 2026 est présenté comme un moment clé pour désamorcer les tensions. Par ailleurs, la Chine a mis en place un « régime antisanctions » de plus en plus strict, obligeant ses entreprises à contourner les restrictions américaines. Cette stratégie montre que Pékin est prêt à défier Washington pour protéger ses intérêts énergétiques et économiques.
Pour contourner les sanctions américaines, la Chine utilise plusieurs leviers. D'abord, elle autorise des petites raffineries privées, surnommées « raffineries théières » en raison de leur taille modeste, à importer et traiter du pétrole iranien. Ces entreprises, moins exposées aux pressions internationales, jouent un rôle clé dans l'approvisionnement chinois. Ensuite, Pékin a mis en place un système de protection juridique et économique pour ses entreprises, les incitant à ignorer les sanctions américaines. Enfin, la Chine pourrait riposter en restreignant ses exportations de minerais critiques, essentiels pour les industries américaines et européennes, ou en ciblant les marchés financiers. Ces tactiques montrent que la Chine ne se soumettra pas facilement aux exigences de Washington, malgré les risques de représailles.

