Il y a 252 millions d'années, la grande extinction du Permien a tué 96% des espèces marines : une analyse révèle comment ont survécu les 4% restants
Face à un réchauffement brutal des océans, tous les animaux marins ne se valent pas. Lors du plus grand effondrement de la vie sur Terre, les plus lents ont presque tous disparu, quand les plus actifs s'en sont mieux sortis.
Il y a 252 millions d'années, la Terre a connu la plus grande extinction de son histoire : l'extinction du Permien-Trias. Cet événement catastrophique a éliminé environ 96 % des espèces marines et 70 % des espèces terrestres. Les scientifiques estiment que cette extinction a duré entre 60 000 et 200 000 ans, marquant la fin de l'ère géologique du Permien et le début du Trias. Les causes de cette extinction restent débattues, mais plusieurs hypothèses sont avancées, comme des éruptions volcaniques massives en Sibérie, une augmentation brutale des températures ou une acidification des océans. Cette crise biologique a profondément transformé la vie sur Terre, permettant l'émergence de nouvelles espèces dans les millions d'années qui ont suivi.
Parmi les espèces marines, seulement 4 % ont survécu à cette extinction. Une nouvelle analyse publiée dans la revue Science révèle comment ces rares survivants ont pu persister malgré des conditions environnementales extrêmes. Les chercheurs ont étudié des fossiles et des sédiments marins pour comprendre les mécanismes de résilience. Ils ont découvert que les espèces capables de s'adapter rapidement à des changements brutaux, comme une baisse d'oxygène ou une augmentation de la température, étaient plus susceptibles de survivre. Certaines espèces ont aussi bénéficié de leur capacité à se nourrir de détritus ou à vivre dans des habitats protégés, comme les fonds marins peu profonds.
Les scientifiques ont identifié plusieurs facteurs clés qui ont permis à certaines espèces de résister à l'extinction. Parmi eux, la plasticité écologique, c'est-à-dire la capacité d'une espèce à modifier son comportement ou son habitat pour s'adapter à de nouvelles conditions, a joué un rôle crucial. Les espèces capables de changer de régime alimentaire ou de migrer vers des zones moins affectées ont eu plus de chances de survivre. De plus, les espèces de petite taille, comme certains mollusques ou crustacés, ont souvent mieux résisté que les grands prédateurs, car elles nécessitent moins de ressources pour survivre. Enfin, les espèces vivant dans des environnements moins exposés aux changements brutaux, comme les eaux profondes ou les zones côtières abritées, ont aussi été favorisées.
Les éruptions volcaniques massives en Sibérie, qui ont libéré d'énormes quantités de gaz à effet de serre et de cendres, sont considérées comme l'une des principales causes de l'extinction du Permien. Ces éruptions ont provoqué un réchauffement climatique rapide, une acidification des océans et une baisse des niveaux d'oxygène dans l'eau. Les océans sont devenus des environnements hostiles, où la plupart des espèces ne pouvaient plus survivre. Cependant, certaines espèces ont pu s'adapter à ces nouvelles conditions en développant des mécanismes de respiration plus efficaces ou en se nourrissant de bactéries capables de prospérer dans ces milieux hostiles.
L'étude de cette extinction massive offre des enseignements précieux pour comprendre les crises biologiques actuelles, comme le changement climatique ou la perte de biodiversité. Les scientifiques soulignent que les espèces les plus vulnérables aujourd'hui sont celles qui ont une faible capacité d'adaptation, comme les grands mammifères ou les espèces spécialisées dans un habitat précis. À l'inverse, les espèces généralistes, capables de s'adapter à des conditions variées, sont plus susceptibles de survivre. Cette analyse rappelle aussi l'importance de préserver la diversité des écosystèmes, car une grande variété d'espèces augmente les chances de résilience face aux perturbations environnementales.

