Alors qu'ils rénovaient un mur dans un parc de Rome, des maçons découvrent ce qui pourrait être la caserne des premiers pompiers de l'Histoire
Sous la Villa Celimontana, à Rome, des archéologues ont dégagé huit pièces d'un édifice du IIe siècle. Mosaïques, plafonds peints et marbres pourraient appartenir à la caserne des vigiles, les pompiers de la Rome impériale..
Des maçons effectuant des travaux de rénovation dans un parc de Rome ont mis au jour ce qui pourrait être la plus ancienne caserne de pompiers connue à ce jour. Cette découverte, réalisée en 2026, se situe près du Forum Boarium, un quartier historique de la ville. Les vestiges, encore en cours d’étude, datent probablement de l’époque impériale romaine, entre le Ier et le IIIe siècle après J.-C. Cette caserne, si elle est confirmée, serait antérieure de plusieurs siècles aux premières organisations de pompiers structurées en Europe, comme celles créées au XVIIIe siècle à Londres ou Paris. Les archéologues soulignent que Rome, capitale d’un empire s’étendant sur trois continents, avait déjà développé des systèmes avancés pour gérer les risques, dont les incendies fréquents dans une ville majoritairement construite en bois.
À l’époque romaine, les incendies représentaient une menace majeure, notamment dans les zones urbaines densément peuplées. Les Romains avaient mis en place des mesures pour y faire face, comme la création d’une brigade de pompiers (vigiles) sous l’empereur Auguste au Ier siècle après J.-C. Ces vigiles, littéralement des « gardiens », étaient chargés de surveiller la ville, d’éteindre les feux et de maintenir l’ordre public. Leur caserne, appelée excubitorium, était souvent située près des lieux stratégiques. La découverte récente pourrait correspondre à l’un de ces excubitoria, bien que les preuves définitives manquent encore. Les vestiges incluent des murs en brique, des sols en mosaïque et des traces d’aménagements spécifiques, comme des systèmes de stockage d’eau ou des outils.
Cette découverte est majeure pour plusieurs raisons. D’abord, elle confirme l’existence de structures dédiées à la lutte contre les incendies bien avant les époques médiévale ou moderne. Ensuite, elle offre un aperçu concret de l’organisation logistique et militaire de Rome à son apogée. Les archéologues estiment que cette caserne pourrait avoir abrité une vingtaine de pompiers, équipés de seaux, de pompes à eau et de haches pour démolir les bâtiments menacés. Enfin, elle permet de mieux comprendre comment les Romains géraient les risques urbains, un sujet peu documenté jusqu’ici. Les fouilles se poursuivent pour confirmer l’identification de ces vestiges et en révéler davantage sur leur fonctionnement.
Les maçons ont découvert ces vestiges en rénovant un mur dans le parc des Horti Lamiani, une zone autrefois luxueuse aujourd’hui transformée en espace public. Leur intervention a permis de dégager une partie des fondations et des structures souterraines, révélant des éléments architecturaux typiques de l’époque impériale. Les archéologues utilisent désormais des techniques modernes pour analyser ces vestiges, comme la datation par carbone 14 ou l’imagerie 3D. Ils comparent également ces découvertes avec d’autres sites romains connus, comme les excubitoria déjà identifiés à Ostie ou Pompéi. Cette approche pluridisciplinaire vise à reconstituer le rôle exact de cette caserne dans la gestion des incendies de l’époque.
Les recherches se concentrent désormais sur l’analyse des artefacts retrouvés sur place, comme des outils, des pièces de monnaie ou des inscriptions. Ces éléments pourraient fournir des indices sur l’identité des occupants de la caserne ou leur hiérarchie. Les archéologues espèrent aussi identifier des traces d’incendies passés, comme des couches de cendres ou des structures carbonisées, qui confirmeraient l’usage de ces lieux. Parallèlement, des études historiques sont menées pour croiser ces données avec les textes antiques, comme ceux de l’historien Tacite ou des traités militaires romains. Cette découverte pourrait ainsi enrichir les connaissances sur la vie quotidienne et les infrastructures de Rome il y a près de 2 000 ans.

