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Les scientifiques auraient négligé jusqu’à 10 milliards de planètes habitables à cause d’une idée reçue

Science & Vie · mis à jour 17 août

Une recherche révolutionnaire révèle que des planètes autrefois jugées inhospitalières pourraient abriter la vie, remettant en cause des préjugés scientifiques de longue date..

Une découverte surprenante

Une étude récente suggère que les scientifiques pourraient avoir sous-estimé le nombre de planètes potentiellement habitables dans notre galaxie. Selon les chercheurs, jusqu’à 10 milliards de planètes pourraient avoir été négligées en raison d’une idée reçue persistante. Cette idée concerne la définition même de ce qui rend une planète habitable. Traditionnellement, les scientifiques se focalisaient sur les planètes situées dans la zone habitable d’une étoile, c’est-à-dire une région où les températures permettent à l’eau de rester liquide à la surface. Cependant, cette approche pourrait exclure des mondes où la vie pourrait exister sous des formes différentes, par exemple dans des océans souterrains ou sous une croûte de glace.

La zone habitable revisitée

La zone habitable est une zone théorique autour d’une étoile où une planète reçoit suffisamment d’énergie pour que son eau ne gèle pas et ne s’évapore pas entièrement. Par exemple, dans notre système solaire, la Terre se situe dans cette zone, tandis que Vénus, trop proche du Soleil, est trop chaude, et Mars, trop éloignée, est trop froide. Cependant, les chercheurs soulignent que cette définition est restrictive. Certaines lunes de Jupiter et Saturne, comme Europe ou Encelade, abritent des océans souterrains sous une épaisse couche de glace, maintenus liquides par des forces de marée et une activité géothermique. Ces environnements pourraient abriter des formes de vie, bien qu’ils se trouvent en dehors de la zone habitable classique. L’étude estime que des milliards de planètes pourraient ainsi être exclues à tort de la catégorie des planètes habitables.

Les limites des critères actuels

Les critères actuels pour définir une planète habitable reposent principalement sur la présence d’eau liquide en surface et une atmosphère respirable pour les humains. Pourtant, ces critères ignorent des environnements où la vie pourrait s’épanouir dans des conditions radicalement différentes. Par exemple, des planètes en orbite synchrone (où une face est toujours tournée vers leur étoile, comme la Lune avec la Terre) pourraient avoir des zones tempérées à la frontière entre la face éclairée et la face obscure. De plus, des planètes avec une atmosphère dense ou des gaz à effet de serre pourraient retenir la chaleur nécessaire à la vie, même en dehors de la zone habitable traditionnelle. L’étude estime que ces critères pourraient avoir conduit à ignorer jusqu’à 10 milliards de planètes dans notre galaxie, la Voie lactée.

Les conséquences scientifiques

Si ces nouvelles estimations sont confirmées, cela pourrait profondément modifier la recherche de vie extraterrestre. Les télescopes spatiaux comme le James Webb Space Telescope (JWST) ou les missions futures pourraient être redirigés pour étudier ces planètes auparavant écartées. Par exemple, le JWST, lancé en 2021, est capable d’analyser la composition atmosphérique des exoplanètes en détectant des molécules comme l’eau, le méthane ou le dioxyde de carbone. En élargissant les critères de recherche, les scientifiques pourraient découvrir des biosignatures (traces de vie) dans des endroits inattendus. Cela pourrait aussi relancer des débats sur la définition même de la vie et ses conditions d’émergence dans l’univers.

Ce que ça pourrait changer

Cette étude met en lumière un biais dans la recherche astronomique : la tendance à privilégier les conditions terrestres pour définir l’habitabilité. Les chercheurs appellent à une révision des critères utilisés pour classer les exoplanètes. Par exemple, des planètes comme *Proxima Centauri b*, située à 4,2 années-lumière de la Terre, pourraient être des candidates idéales si l’on considère les océans souterrains ou les atmosphères protectrices. L’article souligne que cette révision nécessite des outils plus performants, comme les futurs télescopes *ELT* (Extremely Large Telescope) ou *LUVOIR* (Large UV/Optical/IR Surveyor), capables de détecter des signaux plus faibles et plus lointains. Une telle approche pourrait multiplier les chances de trouver des formes de vie extraterrestre dans les décennies à venir.

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