Augustin croyait-il au pouvoir divinatoire des sorcières ?
En 2026, un professeur de philologie latine de l’université de Würzburg, Christian Tornau, a fait une découverte majeure dans un manuscrit du XIIe siècle conservé à la bibliothèque diocésaine de Pelplin en Pologne. Il a identifié deux sermons jusqu’alors inconnus de saint Augustin, un théologien chrétien du IVe siècle considéré comme l’un des Pères de l’Église. Ces sermons, prononcés à une semaine d’intervalle, abordent un épisode biblique complexe : la rencontre entre le roi Saül et la sorcière d’Endor. Augustin y explore des thèmes comme la divination, les illusions diaboliques et les défis de l’interprétation des textes sacrés. Ces sermons, qui ne tranchent pas définitivement mais invitent à la réflexion, feront prochainement l’objet d’une publication scientifique.
En 2026, un professeur de philologie latine de l’université de Würzburg, Christian Tornau, a fait une découverte majeure dans un manuscrit du XIIe siècle conservé à la bibliothèque diocésaine de Pelplin en Pologne. Il a identifié deux sermons jusqu’alors inconnus de saint Augustin, un théologien chrétien du IVe siècle considéré comme l’un des Pères de l’Église. Ces sermons, prononcés à une semaine d’intervalle, abordent un épisode biblique complexe : la rencontre entre le roi Saül et la sorcière d’Endor. Augustin y explore des thèmes comme la divination, les illusions diaboliques et les défis de l’interprétation des textes sacrés. Ces sermons, qui ne tranchent pas définitivement mais invitent à la réflexion, feront prochainement l’objet d’une publication scientifique.
L’épisode biblique en question raconte la fin du règne du roi Saül, premier roi d’Israël. En désespoir de cause, Saül cherche à connaître les intentions divines avant une bataille contre les Philistins et son rival David. Les oracles traditionnels ne répondant pas, il se tourne vers une nécromancienne, une femme capable d’invoquer les morts grâce à un talisman, un objet magique. Malgré ses propres lois contre la sorcellerie, Saül, déguisé, la consulte. La sorcière, craignant pour sa vie, finit par accepter. Elle invoque le prophète Samuel, récemment décédé, qui apparaît à Saül. Ce dernier, bien que ne voyant pas le spectre, s’incline devant lui. Samuel se contente de prédire la mort imminente de Saül, qui survient effectivement le lendemain lors de la bataille de Gelboé.
Augustin, dans ces sermons, ne tranche pas clairement sur la question de savoir si la sorcière d’Endor possède un véritable pouvoir divinatoire ou si elle est victime d’une illusion diabolique. Il explore la complexité de l’herméneutique, c’est-à-dire l’art d’interpréter les textes sacrés, en confrontant différentes lectures possibles de cet épisode. Augustin s’interroge notamment sur la capacité des méchants à prédire l’avenir et sur la légitimité de croire en leurs prédictions. Il laisse ainsi son auditoire réfléchir aux ambiguïtés des récits bibliques et aux pièges de l’interprétation, sans imposer une réponse définitive. Cet épisode illustre aussi sa réflexion sur la nature du mal et la présence du démon dans le monde.
Saint Augustin (354–430) est une figure majeure du christianisme, connu pour ses écrits théologiques et philosophiques qui ont profondément influencé la pensée occidentale. Évêque d’Hippone, une ville de l’actuelle Algérie, il a marqué l’histoire par des œuvres comme Les Confessions ou La Cité de Dieu. Dans ces sermons, il aborde des questions centrales pour la théologie chrétienne, comme la nature de Dieu, le mal, la prédestination et la relation entre foi et raison. Son approche, à la fois rigoureuse et ouverte, reflète sa méthode pédagogique : il confronte les interprétations sans imposer de dogme, invitant ses auditeurs à une réflexion personnelle.
L’épisode de Saül et de la sorcière d’Endor est un récit biblique riche en symboles, souvent interprété comme un avertissement contre la tentation de recourir à des pratiques interdites par Dieu. Augustin, en s’y intéressant, montre que ces récits ne sont pas de simples histoires, mais des textes à décrypter, porteurs de sens multiples. La découverte de ces sermons inédits offre un éclairage nouveau sur sa pensée, notamment sur sa vision de la divination et de la sorcellerie. Elle rappelle aussi l’importance de l’herméneutique dans la tradition chrétienne, où l’interprétation des Écritures a toujours été un enjeu central, surtout face à des récits aussi ambigus que celui-ci.

