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Washington espère proposer des options sur l’ACEUM au Canada avant la fin de l’année

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 14 j

Début juillet, le représentant américain avait annoncé que Washington ne renouvellerait pas l'accord..

Proposition d'options ACEUM

Le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a indiqué espérer proposer au président Donald Trump, ainsi qu’au Canada et au Mexique, des options concernant le renouvellement de l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) d’ici la fin de l’année 2024. Il a précisé vouloir conclure au moins deux accords distincts : un avec le Canada et un avec le Mexique avant cette échéance. Cependant, certaines questions techniques, comme les règles d’origine ou les conditions de travail, nécessiteront des discussions plus approfondies en 2025, incluant des consultations avec le Congrès américain. L’ACEUM est un accord commercial qui remplace l’Accord de libre-échange nord-américain (ALÉNA) depuis 2020. Les règles d’origine déterminent la part des composants d’un produit qui doit provenir des pays membres pour bénéficier des avantages tarifaires de l’accord.

Menace de non-renouvellement

En juillet 2024, Jamieson Greer avait annoncé que les États-Unis ne renouvelleraient pas automatiquement l’ACEUM, déclenchant ainsi une période de révisions annuelles pouvant durer jusqu’à dix ans. Si aucun accord n’est trouvé à l’issue de cette période, l’ACEUM expirerait. Le Mexique et le Canada ont exprimé leur souhait d’une prolongation de 16 ans. Cette incertitude a suscité des inquiétudes dans les milieux d’affaires des trois pays, alors que les négociations se poursuivent. L’ACEUM, entré en vigueur en 2020, est un pilier des échanges commerciaux entre les trois nations, représentant un volume d’échanges de plusieurs centaines de milliards de dollars par an.

Aspects valables de l'accord

Malgré les critiques de Donald Trump, qui qualifie l’ACEUM d’obsolète, Jamieson Greer a souligné que certains aspects de l’accord restaient valables. Les États-Unis et le Mexique ont déjà entamé des négociations officielles pour son renouvellement, tandis que le Canada et les États-Unis n’ont pas encore commencé de discussions similaires. L’ACEUM a été négocié sous la première administration Trump pour remplacer l’ALÉNA, après des négociations parfois tendues. Ce nouvel accord visait à moderniser les règles commerciales entre les trois pays, notamment en matière de propriété intellectuelle, de commerce numérique et de normes environnementales.

Pressions commerciales américaines

Les États-Unis ont intensifié la pression sur le Canada en prévision des négociations. Donald Trump a menacé, le 1er octobre 2024, d’imposer des droits de douane de 50 % sur une série de produits canadiens dans un délai de 30 jours. Cette mesure serait une réponse aux interdictions provinciales canadiennes sur les alcools américains, au système de gestion de l’offre dans le secteur laitier canadien et aux quotas imposés sur certains véhicules américains. Jamieson Greer a indiqué s’être entretenu avec son homologue canadien, qui n’a pas évoqué de représailles. Les droits de douane sont des taxes prélevées sur les importations pour protéger les industries locales ou exercer une pression politique.

Réactions politiques américaines

Lors d’une audition au Sénat américain, Jamieson Greer a été interrogé par des sénateurs démocrates, dont Ron Wyden, qui a souligné qu’une analyse de son bureau montrait que les droits de douane américains sur le Canada pourraient être plus élevés que ceux appliqués à la Chine pour certains produits si la menace de Trump était mise à exécution en novembre 2024. Wyden a questionné la logique de cibler le Canada, allié traditionnel des États-Unis, alors que la Chine bénéficiait d’un traitement préférentiel. Greer a répondu qu’il examinerait la question, mais a estimé que cette situation ne concernerait qu’un petit nombre de produits. Le sénateur Peter Welch a également évoqué l’impact négatif des tensions commerciales sur les petites entreprises du Vermont et le tourisme canadien, attribuant une baisse de fréquentation à des propos de Trump sur une possible annexion du Canada.

Ce que ça pourrait changer

La sénatrice républicaine Marsha Blackburn a soutenu la pression exercée par l’administration Trump sur le Canada concernant le refus de certaines provinces de commercialiser de l’alcool américain. Elle a demandé à Greer quelles seraient les prochaines étapes pour résoudre ce différend et inciter le Canada à importer davantage de produits américains comme le *Jack Daniel’s*. Elle a sollicité une réponse écrite de son bureau. Cette position reflète une approche plus ferme des républicains envers le Canada, perçu comme un partenaire commercial à qui il faut imposer des concessions. Le Jack Daniel’s est une marque emblématique de whisky américain souvent citée dans les débats sur l’accès aux marchés.

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