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Culture

Alain Soral, gourou de l'antisémitisme 1/4 : Alain Soral

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 3 h

Écrivain provocateur des plateaux télé, recrue du Front national, idéologue suivi par des milliers d'internautes, Alain Soral a fait de l'antisémitisme et du complotisme, de l'homophobie et de la misogynie, le socle de sa vision du monde. Comment s'est-elle forgée et quelle trace a-t-elle laissée ?.

Parcours de Soral

Alain Soral, né en 1958 en Savoie, grandit dans une famille de la petite bourgeoisie avant de connaître un déclassement social après la faillite de son père. Installé en région parisienne, il intègre le collège privé Stanislas à Paris, un choc pour lui qui se sent marginalisé malgré son origine sociale. Sans le baccalauréat, il monte à Paris où il enchaîne des petits boulots tout en fréquentant le milieu artistique. Il tente une carrière d'acteur, de réalisateur de courts-métrages, de films publicitaires et sort un long-métrage en 2001, Confessions d'un dragueur, qui ne rencontre pas le succès escompté. Son parcours biographique, marqué par ce déclassement, devient un argument politique pour lui, lui donnant selon Aurélien Montagner une légitimité perçue pour comprendre les rapports de classe.

Culture et idéologie

Soral se distingue des militants d'extrême droite par son absence d'origine dans ces milieux. Il aspire à s'intégrer au système qu'il critiquera plus tard, fréquentant une jeunesse parisienne branchée et mondaine. Bien qu'il ait une culture de gauche et un rapport distant à l'intellectualisme, il développe dès les années 1980, alors qu'il étudie le marxisme, une vision de la domination juive liée à la domination économique. Cette période marque le début de son antisémitisme, qu'il lie à une critique des rapports de classe. Son idéologie mêle ainsi des références marxistes à des thèmes complotistes et antisémites, bien avant son engagement politique explicite.

Masculinisme précoce

En 1999, Soral publie Vers la féminisation, un ouvrage où il critique la féminisation de la société sous couvert d'universalisme et de lutte des classes. Valérie Igounet souligne qu'il est l'une des premières figures du masculinisme à s'exposer médiatiquement. Dans son Abécédaire de la bêtise ambiante (2002), il attaque les communautés LGBT, les féministes et surtout la communauté juive, en s'appuyant sur un discours universaliste républicain. Ce livre révèle déjà son antisémitisme et son complotisme, présentés comme des critiques légitimes de la société. Son approche préfigure ainsi les thèmes centraux de son engagement ultérieur.

Ce que ça pourrait changer

Soral s'engage politiquement en rejoignant le Front national, où il devient une figure médiatique. Son parcours, marqué par le déclassement social et une quête de reconnaissance artistique avortée, nourrit sa critique des élites et des institutions. Historiens et politologues comme Valérie Igounet et Aurélien Montagner analysent comment son antisémitisme, son complotisme et ses positions misogynes et homophobes s'articulent autour d'une vision du monde où les rapports de domination, notamment économiques, sont centralisés autour de la communauté juive. Son influence s'étend via des plateformes médiatiques et des réseaux sociaux, touchant des milliers d'internautes.

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