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Économie

Élections québécoises : les souverainistes à la croisée des chemins

LVSL · mis à jour il y a 4 j

« Cela ne pourra pas toujours ne pas arriver, nous entrerons là où nous sommes déjà ». C’est avec les mots du poète Gaston Miron que Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) a conclu son discours de victoire à Montréal, quelques heures après la fermeture des bureaux de vote.

Nouveau gouvernement

En octobre 2026, le Parti Québécois (PQ), dirigé par Paul Saint-Pierre Plamondon (PSPP) et classé au centre gauche souverainiste, remporte les élections avec 59 députés sur 127, soit 28,02 % des voix. Il forme un gouvernement minoritaire et s'engage à organiser un référendum sur l'indépendance du Québec d'ici la fin de son mandat de 4 ans. Pour y parvenir, il devra obtenir le soutien des 9 députés de Québec solidaire (QS), un parti de gauche radicale et indépendantiste ayant obtenu 12,43 % des suffrages. Cette collaboration s'annonce complexe en raison des tensions historiques entre les deux formations politiques.

Effondrement de la CAQ

La Coalition Avenir Québec (CAQ), parti au pouvoir depuis huit ans et classé au centre droit nationaliste, subit un échec cuisant aux élections de 2026. Avec 13,34 % des voix, elle ne remporte aucun siège à l'Assemblée nationale, ce qui soulève des questions sur sa survie politique. La CAQ avait tenté une stratégie appelée troisième voie, visant à renforcer l'autonomie du Québec au sein du Canada, mais cette approche a échoué. Son score électoral montre une division persistante de l'électorat fédéraliste, qui se répartit entre le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ).

Fédéralistes en hausse

Les partis fédéralistes, opposés à l'indépendance du Québec, obtiennent ensemble 44,89 % des suffrages : le PLQ (40 députés, 24,22 % des voix) et le PCQ (19 députés, 20,67 % des voix). Leur division actuelle favorise indirectement les souverainistes, mais une unification de leurs forces pourrait menacer le projet indépendantiste. Le gouvernement fédéral canadien, dirigé par Mark Carney, profite de la situation pour centraliser l'économie du pays, ce qui risque d'affaiblir les institutions québécoises comme l'impôt provincial sur les entreprises, les normes environnementales ou les lois linguistiques protégeant le français.

Souveraineté en recul

Le soutien à l'indépendance du Québec, qui oscillait entre 35 % et 40 % depuis des années, chute à environ 30 % en 2026. Cette baisse s'explique en partie par un conflit tarifaire entre le Canada et les États-Unis, ainsi que par les déclarations de Donald Trump évoquant des velléités annexionnistes. Certains indépendantistes espèrent un rebond après la fin du mandat de Trump ou sa défaite aux midterms, mais rien n'est certain. Parallèlement, l'usage du français recule dans les milieux de travail et à domicile, ce qui menace le projet souverainiste à long terme, car les locuteurs non francophones votent majoritairement pour les partis fédéralistes.

Stratégie du PQ

PSPP, devenu chef du PQ en 2020, a relancé le parti en renouant avec l'indépendantisme et la sociale-démocratie, après une période de néolibéralisme. En 2026, le PQ adopte une stratégie ambiguë pour élargir son électorat : il cible à la fois la gauche et la droite, en mélangeant des mesures sociales (réduction du prix des transports en commun, opposition à la privatisation de la santé) et des propositions libérales (réduction d'impôts pour les PME, retour à l'équilibre budgétaire). Cette approche a cependant affaibli son ancrage traditionnel et n'a pas permis de séduire les électeurs conservateurs, qui ont préféré voter pour le PCQ.

Échec de Québec solidaire

Québec solidaire (QS), parti de gauche radicale et indépendantiste, stagne électoralement depuis 2022 avec 12,43 % des voix en 2026. Le parti a tenté de se différencier du PQ en adoptant un discours décolonial et inclusif, mais cette stratégie l'a rendu inaudible en dehors des grands centres urbains, où l'électorat est attaché à la protection du français et à la laïcité. QS a également perdu des circonscriptions face au PLQ, car certains électeurs ont préféré voter pour le parti libéral plutôt que pour un discours perçu comme trop radical. Malgré une campagne dynamique menée par Ruba Ghazal, QS n'a pas réussi à élargir son électorat.

Ce que ça pourrait changer

Le nouveau gouvernement PQ, dirigé par PSPP, doit rapidement faire face à plusieurs défis. D'abord, il doit gouverner en collaboration avec QS pour faire adopter ses lois, malgré les tensions entre les deux partis. Ensuite, il doit relancer le projet indépendantiste, alors que le soutien à la souveraineté est en baisse et que le gouvernement fédéral canadien cherche à centraliser l'économie. Enfin, le PQ doit répondre aux attentes de son électorat tout en évitant de reproduire les erreurs passées, comme les cures d'austérité qui avaient affaibli le parti après 2012. Le moment de vérité pour le souverainisme québécois est donc imminent.

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