Trump fustige la Cour suprême pour son refus de restreindre le vote par correspondance
Le président américain renie les juges qu'il avait lui-même nommés à la Cour suprême..
La Cour suprême des États-Unis a rejeté lundi soir une demande de l’administration Trump visant à restreindre le vote par correspondance pour les élections de mi-mandat du 3 novembre 2024. Cette décision, prise en urgence, confirme que les systèmes électoraux des États sont déjà sécurisés et fiables, et qu’il n’est pas nécessaire de modifier les procédures en place. Les responsables électoraux des États ont expliqué qu’il n’y avait pas suffisamment de temps pour mettre en œuvre les changements demandés avant le scrutin. La Cour a estimé que ces restrictions seraient probablement rejetées par les tribunaux, ce qui a conduit à cette décision. Cette ordonnance intervient dans un contexte où environ un tiers des électeurs américains votent par correspondance, un mode de scrutin déjà largement utilisé dans plusieurs États.
Donald Trump, président des États-Unis, a vivement critiqué cette décision de la Cour suprême dans un message publié mardi sur les réseaux sociaux. Il a affirmé que les juges qui se sont opposés à sa demande n’étaient « pas ceux qu’il avait auditionnés » pour siéger à la Cour, suggérant qu’ils ne correspondent plus à l’image qu’il avait d’eux. Trump a également accusé la Cour d’être « intimidée et manipulée par la gauche radicale », et a qualifié ses décisions de « choquantes » et de coûtant « des milliers de milliards de dollars » à l’Amérique. Il a ajouté que ces décisions feraient reculer le pays de « cent ans », selon ses propres termes. Trois des juges ayant voté contre lui, Neil Gorsuch, Amy Coney Barrett et Brett Kavanaugh, avaient pourtant été nommés par Trump lui-même lors de son premier mandat.
Le vote par correspondance est un mode de scrutin où les électeurs reçoivent et renvoient leur bulletin de vote par courrier, sans se déplacer aux urnes. Aux États-Unis, environ un tiers des électeurs y ont recours, et ce mode de vote a déjà commencé dans certains États pour les élections de mi-mandat de 2024. Donald Trump s’est opposé à ce système, le rendant responsable de sa défaite électorale de 2020. Pourtant, un rapport de l’institution Brookings publié en 2025 indique que la fraude électorale par correspondance ne concernait que quatre cas pour 10 millions de bulletins déposés, soit un taux extrêmement faible. Les États américains gèrent ce processus selon des procédures établies depuis des années, jugées sûres et fiables par leurs responsables électoraux.
Les élections de mi-mandat aux États-Unis, qui auront lieu le 3 novembre 2024, sont un scrutin crucial pour le parti au pouvoir. Elles permettent d’élire des membres du Congrès (la Chambre des représentants et un tiers du Sénat), ainsi que des gouverneurs et des législatures locales. Ces élections sont souvent perçues comme un baromètre de l’opinion publique sur la politique du président en place. Dans ce contexte, le vote par correspondance joue un rôle important, car il facilite la participation des électeurs. La décision de la Cour suprême de maintenir les procédures actuelles garantit la continuité du processus électoral, malgré les tentatives de l’administration Trump pour le modifier.

