Une étude s’est penchée sur un sujet tabou : combien de fois pétons-nous vraiment par jour ? La réponse pourrait vous rassurer
Peut-être que vous ne comptez pas le nombre de fois où votre côlon pousse la chansonnette quotidiennement, mais sachez que des chercheurs australiens ont décidé tout de même de s'intéresser à la thématique. En comptant les pétarades de plus de 6 000 personnes, ils sont parvenus à établir une moyenne étonnamment raisonnable..
Une étude menée par deux chercheuses du CSIRO (organisme de recherche scientifique australien) a analysé la fréquence des flatulences chez l’humain. Publiée le 29 mai 2026 dans la revue médicale JAMA Network Open, cette recherche s’inscrit dans un contexte où les gaz intestinaux, autrefois considérés uniquement sous l’angle des pathologies, sont désormais étudiés comme un phénomène physiologique normal. L’objectif était de déterminer combien de fois une personne émet des flatulences en une journée dans la vie réelle, un sujet longtemps évité en raison de tabous culturels.
Pour collecter les données, les chercheuses ont utilisé une application mobile appelée Chart Your Fart (« Suivez votre pet »). Les participants devaient enregistrer en temps réel chaque flatulence sur une période minimale de trois jours. Sur 19 004 téléchargements, seules 6 416 personnes ont respecté le protocole en enregistrant leurs émissions intestinales de manière continue. Cette méthode présente des limites, notamment l’impossibilité de capturer les flatulences nocturnes et un risque de biais de sélection, car seuls les volontaires intéressés par leur santé digestive ont participé.
Les données recueillies révèlent une moyenne de 5 flatulences par jour, avec une médiane à 3,8. La majorité des participants (79,3 %) se situe dans une fourchette de 2 à 7 émissions quotidiennes, un chiffre inférieur aux estimations des manuels de nutrition (5 à 20). Les hommes émettent en moyenne 5,2 flatulences par jour, contre 4,8 pour les femmes. Les jeunes âgés de 14 à 25 ans sont les moins « prolifiques » (4,4 par jour). Le pic d’activité intestinale se situe entre 18 h et 22 h, période où les bactéries fermentent les fibres alimentaires ingérées dans la journée.
L’étude comporte plusieurs biais méthodologiques. D’abord, les flatulences nocturnes n’ont pas pu être enregistrées, ce qui risque d’abaisser artificiellement la moyenne. Ensuite, les oublis de saisie ou les jours sans enregistrement sont indistinguables des jours sans émission, rendant impossible une estimation précise. Enfin, l’échantillon n’est pas représentatif de la population générale, car seules les personnes motivées par leur santé digestive ou amusées par le concept ont participé. Les autrices soulignent que leur travail ne vise pas à établir un seuil pathologique, mais simplement à décrire un phénomène naturel.
Les résultats de l’étude ne doivent pas être interprétés comme une norme absolue. Les autrices précisent qu’il n’existe pas de seuil considéré comme anormal pour le nombre de flatulences. En revanche, si une personne remarque des changements significatifs (odeurs persistantes, douleurs abdominales, sang dans les selles ou perte de poids inexpliquée), il est recommandé de consulter un professionnel de santé. Les gastro-entérologues, habitués à aborder des sujets variés, ne seront pas surpris par une telle consultation. L’étude rappelle que péter est un signe de bon fonctionnement digestif, à condition que cela ne s’accompagne pas de symptômes inquiétants.

