“Le jeu vidéo fait partie de notre culture” : Emmanuel Macron souhaite la création d’un salon international du jeu vidéo en France, mais est-ce seulement possible ?
Le président de la République a annoncé la création d’un salon international du jeu vidéo en France, quelle forme pourrait-il prendre ?.
Emmanuel Macron, président de la République française, a annoncé lors du sommet Lumière à Saint-Paul-de-Vence son intention de créer un salon international dédié au jeu vidéo en France. Il a souligné que le jeu vidéo fait partie intégrante de la culture française, au même titre que le cinéma, et doit être reconnu comme une forme d’art et une industrie créative. Macron a évoqué la nécessité de mettre en avant cette créativité, citant les succès mondiaux du jeu vidéo français comme Clair Obscur : Expedition 33. Il a également mentionné l’objectif de rassembler acteurs du secteur, joueurs et innovateurs lors d’un événement international. Aucune date précise ni détails concrets sur l’organisation n’ont encore été communiqués, mais l’État aurait déjà entamé des discussions avec la ville de Montpellier pour une première édition dès l’été 2026.
Le format du futur salon international du jeu vidéo reste à définir. Deux modèles principaux pourraient inspirer sa création : d’une part, des événements commerciaux comme la Gamescom en Allemagne ou le Tokyo Game Show au Japon, qui sont principalement axés sur le marketing et les annonces de nouveaux jeux par les éditeurs. Ces salons sont souvent privés et visent à promouvoir les ventes. D’autre part, un modèle plus proche du Festival de Cannes pour le cinéma, où l’accent serait mis sur la création artistique, l’innovation et la reconnaissance culturelle plutôt que sur la vente directe. Macron semble privilégier cette seconde approche, mettant en avant l’aspect culturel et créatif du jeu vidéo. Cependant, le jeu vidéo étant une industrie très commerciale, cette orientation pourrait poser des défis en termes de financement et d’attractivité pour les grands acteurs internationaux.
La France dispose déjà d’un salon majeur dédié au jeu vidéo : la Paris Games Week, organisée chaque automne à Paris par le Sell (Syndicat des éditeurs de logiciels de loisirs). Cet événement, qui attire des centaines de milliers de visiteurs, se concentre sur l’expérience du public, permettant aux joueurs d’essayer les jeux avant leur sortie, notamment pour les fêtes de fin d’année. Nicolas Vignolles, directeur général du Sell, a indiqué que l’organisation avait été consultée par les pouvoirs publics et se réjouissait de ce projet, tout en précisant que la Paris Games Week resterait le principal événement du secteur en France. La ville de Montpellier, où se trouvent des studios comme Ubisoft ou Sandfall Interactive, est également citée comme candidate potentielle pour accueillir ce nouveau salon, en raison de son écosystème dynamique dans le domaine.
Plusieurs défis se posent pour la réalisation de ce salon international. Tout d’abord, le calendrier est ambitieux : une première édition est envisagée dès l’été 2027, ce qui laisse peu de temps pour organiser un événement d’envergure internationale. Ensuite, le jeu vidéo est une industrie très concurrentielle et commerciale, ce qui rend difficile la création d’un salon axé uniquement sur la culture et la création, sans tomber dans le piège du marketing pur. Enfin, le positionnement du président Macron lui-même suscite des interrogations : en effet, il avait précédemment exprimé des réserves sur les jeux vidéo, évoquant notamment une étude sur leur impact sur les enfants et les adolescents, avant de décider de mesures nationales. Cette évolution de discours pourrait compliquer la crédibilité du projet auprès des acteurs du secteur.
Les principaux acteurs impliqués dans ce projet sont l’État français, représenté par Emmanuel Macron, et les collectivités locales comme la ville de Montpellier. Les studios de jeu vidéo français, dont *Ubisoft* et *Sandfall Interactive*, ainsi que des événements caritatifs comme le *Zevent*, qui a levé 90 millions d’euros en 10 ans, montrent l’importance du secteur dans le pays. Les éditeurs internationaux pourraient aussi jouer un rôle clé, bien que leur participation dépende de la forme finale du salon. Les enjeux sont doubles : d’une part, renforcer la reconnaissance culturelle du jeu vidéo en France, et d’autre part, positionner le pays comme un acteur majeur sur la scène internationale, aux côtés d’événements comme la *Gamescom* ou le *Tokyo Game Show*.

