Éliminer Santé Québec n’est pas « socialement responsable », croit le Collège des médecins
L'organisation fait appel « à la responsabilité sociale des politiciens » pour ne pas démanteler Santé Québec..
Deux des cinq principaux partis politiques québécois en lice pour les élections provinciales de 2026, soit le Parti québécois (PQ) et le Parti conservateur du Québec (PCQ), proposent d'abolir Santé Québec, un organisme public créé en décembre 2023 par le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ). Cette structure a été mise en place pour améliorer le fonctionnement du réseau de la santé, faciliter l'accès aux soins pour les patients et optimiser le travail des soignants. Le Dr Mauril Gaudreault, président du Collège des médecins du Québec (CMQ), représentant plus de 25 000 médecins, estime que cette abolition n'est pas socialement responsable. Selon lui, une telle réforme fragiliserait l'institution et créerait de l'incertitude parmi les professionnels de la santé et le public. La santé reste en effet la première préoccupation des électeurs québécois.
Le PQ et le PCQ justifient leur proposition d'abolir Santé Québec par des économies potentielles. Le PQ estime pouvoir dégager 40 millions de dollars par année en supprimant cet organisme, tandis que le PCQ promet de réinvestir ces économies dans les soins directs, le recrutement de personnel et l'amélioration de l'accès aux services. À l'inverse, la CAQ, Québec solidaire (QS) et le Parti libéral du Québec (PLQ) s'engagent à conserver Santé Québec tout en améliorant certains services. Par exemple, QS propose d'ajouter 400 points d'accès de première ligne dans les CLSC, le PLQ mise sur une porte d'entrée publique de télésanté sans rendez-vous, et la CAQ suggère la création de salles d'attente virtuelles.
Le CMQ exprime des inquiétudes face à une proposition de la CAQ : le recours à une pratique mixte public-privé, où les médecins pourraient exercer à la fois dans le secteur public et privé. Le Dr Gaudreault craint que cette mesure ne soit mal encadrée et ne crée des inégalités d'accès aux soins. Il s'appuie sur des études pour rappeler que le privé ne réduit pas les coûts et peut, au contraire, aggraver les disparités. Le CMQ demande donc au prochain gouvernement de mieux encadrer cette pratique et de convoquer des états généraux sur la santé pour réfléchir globalement au système, en mettant l'accent sur l'accès aux soins de première ligne.
Le CMQ souligne que l'accès aux soins pour les personnes en situation d'itinérance devrait être une *priorité nationale* pour le gouvernement élu le 5 octobre 2026. Il rappelle que *Santé Québec* a été créé dans un contexte de loi adoptée en décembre 2023, avec 75 voix pour et 27 contre, les partis d'opposition (PQ, PLQ, QS) ayant voté contre. Le Dr Gaudreault insiste sur la nécessité de préserver l'indépendance de *Santé Québec* et d'augmenter son autonomie pour garantir une médecine de qualité et protéger le public. Il critique également le manque de transparence autour des besoins informatiques de *Santé Québec*, estimés à plus de 6 milliards de dollars, un montant bien supérieur aux investissements prévus.

