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Géopolitique

Johannesburg entre peur et indignation après la mort de huit femmes

Courrier International · mis à jour il y a 4 j

La banlieue est de la capitale économique sud-africaine est devenue le théâtre d’une chasse à l’homme après la découverte de huit cadavres de femmes, dans le même périmètre, en deux mois. Ces meurtres en série rappellent une triste réalité, souligne la presse locale : l’Afrique du Sud “est confrontée à l’un des taux de violence fondée sur le genre les plus élevés au monde”..

Huit femmes assassinées

Dans la banlieue est de Johannesburg, en Afrique du Sud, huit femmes ont été retrouvées mortes en seulement deux mois, dans une même zone géographique. Ces meurtres en série ont provoqué une vague de peur et d’indignation dans le pays. Parmi les victimes, Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, une jeune mère de famille qui a disparu alors qu’elle faisait son footing, un acte qui a particulièrement choqué l’opinion publique. Ces événements rappellent une réalité alarmante : l’Afrique du Sud affiche l’un des taux de violence fondée sur le genre les plus élevés au monde, un phénomène appelé féminicide, c’est-à-dire le meurtre d’une femme en raison de son sexe. Ces crimes soulèvent des questions sur la sécurité des femmes dans le pays, où les agressions et les meurtres ciblant spécifiquement les femmes sont fréquents.

Réaction du président

Face à cette série de meurtres, le président sud-africain Cyril Ramaphosa a réagi en qualifiant l’enquête de priorité nationale et en promettant de ne laisser aucune piste de côté. Cette déclaration vise à rassurer la population et à montrer l’engagement des autorités à résoudre ces crimes. Cependant, la méfiance persiste, d’autant plus que les victimes étaient souvent des femmes seules ou en activité sportive, comme la joggeuse Moselakgomo. Les médias locaux, comme le Sunday Times, soulignent que ces meurtres ont relancé le débat sur la sécurité des femmes en Afrique du Sud, un pays où les violences faites aux femmes sont un problème récurrent et documenté.

Changement des habitudes

La peur s’est rapidement répandue parmi les femmes de Johannesburg et au-delà, notamment chez celles qui pratiquent des activités en extérieur comme la course à pied, la marche ou le vélo. Selon le Mail & Guardian, les coureuses, qui s’entraînaient auparavant seules ou en petits groupes discrets, se regroupent désormais en plus grand nombre pour des raisons de sécurité. Elles privilégient également des itinéraires bien éclairés et évitent les zones isolées. Cette psychose collective illustre l’impact des féminicides sur le quotidien des femmes en Afrique du Sud, où la peur de devenir une nouvelle victime est devenue une préoccupation majeure. Les autorités locales tentent de réagir, mais la situation reste tendue.

Ce que ça pourrait changer

Ces meurtres s’inscrivent dans un contexte plus large de violence structurelle en Afrique du Sud, où les violences faites aux femmes, y compris les féminicides, sont un fléau persistant. Le pays est régulièrement pointé du doigt pour ses taux élevés de violences de genre, malgré les lois et les campagnes de sensibilisation mises en place. Les manifestations organisées par des associations féministes, comme celle de Pretoria en avril 2025, réclament que ces violences soient reconnues comme une *catastrophe nationale*. Ces crimes rappellent que, malgré des avancées législatives, la protection des femmes reste un défi majeur pour les autorités sud-africaines.

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