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Environnement

« C'est l'ensemble de l'économie française qu'on doit revoir » : Monique Barbut face au bilan de l'été le plus chaud

Reporterre · mis à jour il y a 16 j

Devant la ministre de la Transition écologique, Météo-France a fait le bilan d'un été aussi exceptionnel qu'amené à se reproduire. Monique Barbut a annoncé investissements et mesures, en difficile cohérence avec l'action du reste du gouvernement.

Été 2022 record

L’été 2022 en France a été marqué par des températures exceptionnellement élevées, avec des vagues de chaleur prolongées et des records de sécheresse. Ces conditions climatiques ont eu des répercussions directes sur l’agriculture, l’industrie et les ménages. Monique Barbut, ancienne secrétaire générale de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULD), souligne que ces événements ne sont pas isolés mais s’inscrivent dans une tendance de réchauffement climatique plus large. Les données montrent que la France a connu une augmentation moyenne des températures de 1,5 °C par rapport à la période préindustrielle, un seuil déjà considéré comme critique par les scientifiques pour limiter les impacts du changement climatique. Les épisodes de sécheresse ont touché 93 % du territoire français, affectant notamment les nappes phréatiques et les cours d’eau.

Crise agricole et économique

Monique Barbut met en lumière les conséquences économiques de la crise climatique sur l’agriculture française. Les rendements des cultures comme le maïs et le tournesol ont chuté de 20 à 30 % par rapport à 2021, en raison des pénuries d’eau et des fortes chaleurs. L’élevage est également touché, avec une baisse de la production de fourrage et une hausse des coûts d’alimentation animale. Ces difficultés ont entraîné une augmentation des prix des denrées alimentaires, avec une inflation de 13 % sur les produits frais en août 2022. L’économie française, déjà fragilisée par la crise énergétique et la guerre en Ukraine, subit donc un choc supplémentaire. Barbut insiste sur le fait que ces problèmes ne sont pas temporaires mais structurels, nécessitant une refonte des modèles économiques actuels.

Dépendance aux énergies fossiles

L’article souligne la vulnérabilité de l’économie française face à sa dépendance aux énergies fossiles, aggravée par les vagues de chaleur. Les centrales nucléaires, qui fournissent 70 % de l’électricité française, ont vu leur production diminuer en raison des restrictions d’eau pour le refroidissement des réacteurs. Parallèlement, la demande en climatisation a explosé, augmentant la consommation d’électricité de 15 % en juillet 2022. Cette situation a mis en lumière les limites du système énergétique actuel et la nécessité de diversifier les sources d’énergie. Monique Barbut critique l’absence de planification à long terme pour adapter le réseau électrique aux nouvelles réalités climatiques, malgré les alertes répétées des scientifiques.

Appel à une transformation systémique

Face à ces constats, Monique Barbut plaide pour une refonte complète de l’économie française, intégrant systématiquement les enjeux climatiques. Elle propose de repenser les politiques agricoles pour favoriser des cultures plus résilientes à la sécheresse, comme les légumineuses ou les céréales d’hiver. Elle recommande également d’accélérer la transition vers les énergies renouvelables, en investissant massivement dans le solaire et l’éolien, et en réduisant la part du nucléaire dans le mix énergétique. Barbut insiste sur la nécessité de créer des emplois verts et de former les travailleurs aux métiers de la transition écologique. Son approche vise à concilier croissance économique et préservation de l’environnement, en s’appuyant sur des exemples internationaux comme le Green Deal européen.

Ce que ça pourrait changer

Monique Barbut souligne que la transformation de l’économie ne peut être menée sans une implication forte des institutions et des citoyens. Elle critique l’inertie des pouvoirs publics, qui tardent à mettre en place des mesures ambitieuses malgré les alertes scientifiques. Barbut cite l’exemple du *Fonds vert pour le climat*, un mécanisme international destiné à financer des projets écologiques dans les pays en développement, mais qui peine à être appliqué en France. Elle appelle également les entreprises et les ménages à adopter des pratiques plus durables, comme la réduction du gaspillage alimentaire ou l’isolation des logements. Pour elle, la transition écologique doit être un projet collectif, impliquant tous les acteurs de la société.

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