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Géopolitique

Le moment des États-Unis d’Europe est venu

Le Grand Continent · mis à jour il y a 3 j

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Pourquoi l'Europe doit changer

L'auteur, Gabriel Attal, affirme que l'Europe doit se transformer en États-Unis d'Europe pour faire face aux défis actuels. Il explique que le monde est passé de l'ère des États-nations à celle des continents-puissances, où seuls les grands blocs (États-Unis, Chine, Russie) peuvent peser sur les plans technologique, industriel et militaire. L'Europe est aujourd'hui attaquée sur trois fronts : la Russie menace sa sécurité avec la guerre en Ukraine et des cyberattaques, la Chine concurrence son économie par la surproduction et influence ses jeunes via des algorithmes, et les États-Unis imposent des politiques commerciales défavorables. L'auteur souligne que ces menaces exploitent les divisions européennes pour affaiblir le continent. Il cite des exemples concrets comme la fermeture du détroit d'Ormuz par l'Iran en 2026, qui a fait augmenter le prix du gaz en Europe, ou l'accord commercial imposé par les États-Unis en juillet 2025, jugé défavorable à l'Europe.

Menaces et dépendances européennes

L'Europe subit plusieurs dépendances critiques qui limitent sa souveraineté. Sur le plan énergétique, elle importe 97 % de son pétrole, ce qui la rend vulnérable aux crises géopolitiques comme la guerre en Ukraine ou les tensions au Moyen-Orient. Sur le plan économique, elle est exposée à la concurrence déloyale de la Chine, dont les entreprises exportent à perte pour éliminer les industries européennes, notamment dans les secteurs technologiques. Les États-Unis, quant à eux, utilisent leur monnaie (le dollar) et leur droit comme leviers de pression, comme en témoigne le discours du vice-président américain à Munich en février 2025, critiquant les démocraties européennes. Enfin, le dérèglement climatique aggrave ces défis en fragilisant les ressources naturelles et en menaçant la stabilité sociale. L'auteur insiste sur le fait que ces menaces ne sont plus des perspectives lointaines, mais des réalités quotidiennes.

Limites de l'UE actuelle

L'Union européenne (UE) à 27 membres a accompli des progrès majeurs, comme la PAC (Politique Agricole Commune), le marché unique ou l'Euro, mais son système actuel atteint ses limites. La règle de l'unanimité au Conseil européen permet à un seul pays de bloquer des décisions stratégiques, tandis que la Commission européenne manque de légitimité démocratique et le Parlement européen a peu de pouvoir. Le rapport Draghi, publié en 2024, a identifié des pistes pour relancer la compétitivité européenne, comme un Fonds européen de compétitivité ou une Union de l'épargne et de l'investissement, mais seulement 30 % de ses recommandations ont été mises en œuvre. L'auteur souligne que l'UE se fragmente elle-même : ses barrières internes (droits de douane, normes différentes) équivalent à 45 % de taxes sur les biens et 110 % sur les services, ce qui handicape sa prospérité.

Origines du projet européen

L'idée des États-Unis d'Europe n'est pas nouvelle : elle puise ses racines dans l'héritage gréco-romain (démocratie, droit) et la tradition judéo-chrétienne (égale dignité humaine), puis s'est affirmée avec les Lumières et des figures comme Voltaire ou Victor Hugo, qui a utilisé cette expression en 1849. Après la Seconde Guerre mondiale, Robert Schuman et Jean Monnet ont lancé la construction européenne en 1950 avec la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier), puis le marché commun et l'Euro dans les années 1990. L'auteur présente ce projet comme une troisième étape, visant à transformer l'Europe en une puissance unie, capable de rivaliser avec les autres continents-puissances. Il rejette l'idée d'une Europe centralisée au détriment des nations, mais propose une fusion économique et écologique entre un noyau dur de pays européens.

Objectifs des États-Unis d'Europe

Les États-Unis d'Europe visent à créer une union économique et écologique entre un groupe de pays européens, en levant les barrières qui limitent aujourd'hui leur puissance. L'objectif est de conquérir dix frontières stratégiques : santé, intelligence artificielle (IA) et quantique, accès à l'espace, énergie décarbonée, transport propre, armement, souveraineté des systèmes de paiement, indépendance cognitive et excellence universitaire. Pour y parvenir, l'auteur propose un fédéralisme économique et écologique incluant la disparition des frontières économiques internes, une politique d'urgence écologique et l'unification de 21 barrières (fiscalité, droit du travail, banques, normes agricoles, etc.). Par exemple, une entreprise devrait pouvoir s'installer dans l'espace européen aussi facilement que d'une région française à une autre, sans avoir à s'adapter à 27 systèmes différents.

Bénéfices concrets attendus

L'auteur affirme que les États-Unis d'Europe permettraient d'apporter des solutions concrètes aux problèmes des Européens. En unifiant les marchés, l'Europe gagnerait en puissance économique : par exemple, les États-Unis, première puissance mondiale, affichent un taux de pauvreté historiquement bas et des salaires élevés (50 % des ménages gagnent plus de 7 290 dollars par mois). L'union bancaire et des marchés de capitaux unifiés résoudraient le manque de financement des entreprises européennes. Sur le plan écologique, une politique commune accélérerait la transition énergétique et réduirait la dépendance aux importations. Enfin, une Europe unie renforcerait sa souveraineté face aux autres continents-puissances, en évitant de subir leurs décisions unilatérales, comme la guerre commerciale imposée par les États-Unis en 2025.

Ce que ça pourrait changer

Pour l'auteur, l'Europe se trouve à un carrefour : soit elle poursuit sur sa lancée actuelle, ce qui mènera à son déclin, soit elle opte pour une transformation radicale avec les *États-Unis d'Europe*. Il rejette l'option du *Frexit* (sortie de la France de l'UE), qu'il qualifie de « vieux cauchemar », et présente les *États-Unis d'Europe* comme un « rêve nouveau ». Il insiste sur la nécessité d'agir rapidement, car les défis (guerre en Ukraine, concurrence chinoise, dérèglement climatique) ne peuvent plus être relevés par l'UE actuelle. Le projet vise à créer une Europe plus forte, plus prospère et plus indépendante, capable de défendre ses intérêts face aux autres puissances mondiales.

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