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Géopolitique

Les mystérieuses tours nuragiques de Sardaigne

Courrier International · mis à jour il y a 8 j

1750-1200 av. J.-C.

Civilisation nuragique

Entre 1750 et 1200 avant notre ère, une civilisation méconnue a prospéré en Sardaigne, une île méditerranéenne. Appelée nuragique d’après les nuraghes (ses monuments emblématiques), cette société de l’âge du bronze n’a laissé aucune trace écrite. Pourtant, elle a construit près de 8 000 tours mégalithiques, réparties sur tout le territoire sarde. Ces édifices, souvent comparés à des giganti (géants) en raison de leur taille impressionnante, témoignent d’un savoir-faire architectural et d’une organisation sociale avancée. Les archéologues, comme Emily Holt de l’université de Buffalo, soulignent que ces constructions ont dû mobiliser de vastes communautés, suggérant une société structurée et organisée. L’absence de textes rend leur étude complexe, mais ces monuments restent des indices précieux pour comprendre cette époque.

Les nuraghes

Les nuraghes sont des tours en pierre sèche, construites sans mortier, typiques de la Sardaigne préhistorique. Leur forme rappelle celle d’un cône tronqué, avec une base circulaire et des étages superposés. Certaines atteignaient jusqu’à 30 mètres de hauteur, l’équivalent d’un immeuble de neuf étages, ce qui en fait des structures monumentales pour l’époque. Leur fonction exacte reste un mystère, bien que plusieurs théories aient été avancées. Certains textes anciens évoquent des trésors cachés, d’autres des portes vers d’autres mondes ou des œuvres attribuées à des géants. Ces édifices, souvent isolés ou regroupés en complexes, étaient probablement des lieux de rassemblement, de défense ou de culte. Leur répartition sur l’île suggère une organisation territoriale centralisée.

Enigmes archéologiques

Les nuraghes posent de nombreuses questions aux chercheurs. Leur construction, réalisée avec des blocs de pierre pesant parfois plusieurs tonnes, démontre une maîtrise technique remarquable pour l’âge du bronze. Pourtant, leur vocation exacte reste inconnue. Les archéologues comme Emily Holt étudient ces monuments depuis quinze ans, analysant leur architecture, leur répartition géographique et les artefacts retrouvés à proximité. Les nuraghes pourraient avoir servi de tours de guet, de lieux de stockage, de sanctuaires ou même de résidences pour les élites locales. Leur diversité de formes et de tailles complique les interprétations. Certains complexes, comme le Nuraghe Arrubiu à Orroli, sont particulièrement bien conservés et offrent des indices précieux, mais sans écriture, les réponses restent hypothétiques.

Contexte historique

Cette civilisation s’est développée en Sardaigne à une époque où d’autres cultures marquaient l’histoire de la Méditerranée. Par exemple, les pyramides d’Égypte étaient déjà construites vers 2600 avant notre ère, et la civilisation minoenne en Crète était à son apogée. Pourtant, la civilisation nuragique a évolué de manière indépendante, sans lien apparent avec ces grandes civilisations contemporaines. Son isolement relatif sur une île a peut-être favorisé le développement d’une culture unique. Les nuraghes, construits entre 1750 et 1200 avant notre ère, coïncident avec une période de prospérité pour cette société, avant un déclin progressif vers 1200 avant notre ère, peut-être lié à des changements climatiques ou à des invasions.

Ce que ça pourrait changer

Les recherches sur les nuraghes se poursuivent, portées par des archéologues comme Emily Holt, professeure à l’université de Buffalo. Leurs travaux combinent relevés topographiques, analyses de matériaux et études comparatives avec d’autres sites méditerranéens. L’objectif est de percer le mystère de leur fonction et de leur signification sociale. Les fouilles récentes ont révélé des artefacts, comme des objets en bronze ou des poteries, qui éclairent partiellement la vie quotidienne des Nuragiques. Cependant, sans écriture, les interprétations restent limitées. Les nuraghes continuent de fasciner, non seulement pour leur architecture, mais aussi pour ce qu’ils révèlent de l’ingéniosité humaine à une époque reculée.

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