Duhaime veut jeter les clés des autobus du « oui » et du « non »
Le chef conservateur estime que le Québec gagnerait à s’inspirer du mouvement indépendantiste albertain..
Le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, a organisé une mise en scène symbolique le 2 octobre 2026 à Québec pour marquer sa position contre la tenue d’un référendum sur la souveraineté du Québec. Deux autobus scolaires, décorés de pancartes rappelant le Oui et le Non de 1995, ont été garés dans un garage industriel. Duhaime a appelé les Québécois à lui donner les clés du pouvoir pour « barrer » ces véhicules, c’est-à-dire empêcher un nouveau référendum. Il a affirmé que seul un gouvernement conservateur pourrait éviter une crise politique en bloquant toute initiative indépendantiste. Cette déclaration intervient à trois jours des élections provinciales de 2026, où le PCQ mise sur une opposition forte pour influencer les débats futurs.
Éric Duhaime a présenté la stratégie de son parti comme une campagne de « sous-marin », c’est-à-dire une approche discrète et progressive avant de révéler son plein potentiel au moment des élections. Il a souligné que cette méthode avait permis à son équipe de se concentrer sur ses propres enjeux plutôt que sur ceux de ses adversaires, contrairement à 2021 où le PCQ avait été moins visible. Duhaime a visité des circonscriptions où les chances de victoire étaient initialement faibles, comme Drummond–Bois-Francs et Marie-Lacoste-Gérin-Lajoie, pour soutenir ses candidates. Il a comparé cette campagne à une partie de hockey des séries, où la performance se mesure dans les moments décisifs.
Le PCQ, dirigé par Duhaime, promet de défendre les intérêts du Québec face au gouvernement fédéral canadien en formant des alliances avec d’autres provinces. Cependant, Duhaime a reconnu que ces stratégies ne garantissent pas toujours des résultats, citant l’exemple de l’Alberta où des fronts communs provinciaux ont parfois échoué, comme lors de la « nuit des longs couteaux » au Québec. Il a mis en avant le référendum albertain à venir comme un levier pour obtenir plus de concessions d’Ottawa, en suggérant que la menace indépendantiste pourrait inciter le fédéral à négocier. Si cette approche échoue, Duhaime propose une mobilisation unie des Québécois, toutes allégeances politiques confondues, pour influencer les élections fédérales.
Éric Duhaime a proposé la création d’un front commun des chefs politiques québécois pour défendre des enjeux nationaux, comme le contrôle de l’immigration. Il a critiqué l’ancien premier ministre François Legault, du Parti québécois (PQ), pour ne pas avoir mené de tournée des provinces canadiennes lors de sa tentative de former un gouvernement conservateur en 2021, une stratégie qui avait échoué. Duhaime a affirmé que lui-même avait déjà commencé à établir ces alliances, malgré son statut de chef d’un parti encore minoritaire. L’objectif est de présenter un front uni face à Ottawa, en mettant de côté les divisions partisanes pour des causes jugées prioritaires par les Québécois.
Duhaime a qualifié la campagne conservatrice de « très fière », soulignant la préparation minutieuse de son équipe pour un scrutin décisif. Il a expliqué que le PCQ avait adopté une approche différente de celle de 2021, en se concentrant sur des régions où ses chances étaient initialement limitées, comme le Centre-du-Québec. Les prochaines étapes incluent des visites dans des circonscriptions clés comme Arthabaska-L’Érable et Mégantic, où la compétition avec le PQ est serrée. Cette stratégie reflète une volonté de montrer la crédibilité du parti en dehors des bastions traditionnels conservateurs, tout en maintenant une pression constante sur les autres formations politiques.

