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Généraliste

Le Royaume-Uni à la recherche de son «Breturn»

Le Devoir · mis à jour 3 oct.

Dix ans après le Brexit, le nouveau premier ministre britannique a reconnu l’erreur de cette séparation..

Brexit : dix ans après

En 2016, le Royaume-Uni a organisé un référendum sur son maintien dans l’Union européenne (UE), une organisation économique et politique regroupant 27 pays européens. Le vote s’est soldé par une victoire du Leave (quitter) à 51,89 %, contre le Remain (rester), avec une marge très serrée. Six ans plus tard, en 2022, le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE après des négociations complexes. Dix ans après ce référendum, le nouveau premier ministre britannique, Andy Burnham, issu du Parti travailliste, reconnaît que cette décision a été une erreur. Il évoque un bilan économique et social négatif, avec une économie fragilisée et un isolement croissant du pays sur la scène internationale. Le terme Breturn désigne ici l’idée d’un retour du Royaume-Uni au sein de l’UE, une perspective désormais envisagée par le gouvernement britannique.

Reconnaissance de l'erreur

Lors de la convention annuelle de son parti à Liverpool, le premier ministre Andy Burnham a admis publiquement que le Brexit avait « fait plus de mal que de bien ». Il a souligné que la situation actuelle n’est « pas satisfaisante » et que le pays n’a pas œuvré pour le bien de sa population. Cette déclaration marque un tournant dans la politique britannique, car le Parti travailliste, qui avait initialement soutenu le Brexit en 2024, excluant toute réintégration dans le marché unique européen ou le rétablissement de la libre circulation, change désormais de position. Burnham a évoqué un sommet prévu en novembre entre l’UE et le Royaume-Uni pour discuter des « différentes options » d’une relation à long terme, incluant une union douanière, une réintégration partielle ou totale au marché unique, voire une adhésion pleine et entière à l’UE.

Opinion publique en mutation

Les sondages récents montrent un revirement de l’opinion publique britannique concernant le Brexit. Selon un sondage YouGov début septembre, 55 % des Britanniques estiment que le Brexit était une « mauvaise décision », et 62 % le considèrent comme « plus qu’un échec ». Un autre sondage indique que 59 % des Britanniques soutiennent désormais un retour complet du Royaume-Uni dans l’UE, y compris 27 % des électeurs ayant voté Leave en 2016. Cette évolution reflète un mécontentement croissant face aux conséquences économiques et sociales du Brexit, comme le ralentissement de la croissance ou la difficulté à relancer le marché du travail après la pandémie de COVID-19. Le taux de chômage des jeunes de 16 à 24 ans a atteint 16,4 % entre mai et juillet 2026, un niveau inédit depuis 2013.

Conséquences économiques

Le Brexit a eu un impact économique significatif sur le Royaume-Uni. Selon l’Office for Budget Responsibility, un organisme indépendant chargé de surveiller les finances publiques, le revenu national britannique a diminué de 4 % sur 15 ans, entre 2010 et 2025. Le pays fait désormais partie des pays du G7 (groupe des sept plus grandes économies avancées) ayant le moins bien réussi à relancer leur marché du travail après la pandémie. Ces difficultés économiques, combinées à un isolement politique accru, ont poussé le gouvernement britannique à reconsidérer sa position vis-à-vis de l’UE. Le premier ministre a évoqué la nécessité de faire des choix stratégiques pour améliorer la situation économique et sociale du pays.

Réactions européennes et canadiennes

L’Union européenne (UE) a réagi avec prudence aux déclarations du premier ministre britannique. Bien que le président français Emmanuel Macron ait accueilli favorablement l’idée d’un retour du Royaume-Uni avec un welcome back, Bruxelles reste méfiant en raison des difficultés rencontrées lors des négociations du Brexit. L’UE a indiqué qu’elle était prête à écouter les propositions britanniques, mais attendra de connaître leur contenu avant de les prendre au sérieux. Parallèlement, le Canada pourrait jouer un rôle indirect dans ce processus. Un sommet entre le Canada et l’UE est prévu fin octobre à Montréal, où sera discuté le statut de membre associé de l’UE proposé à Ottawa. Ce cadre pourrait servir de modèle pour d’autres partenariats, y compris celui que le Royaume-Uni pourrait envisager avec l’UE.

Ce que ça pourrait changer

Le Parti travailliste, dirigé par Andy Burnham, est actuellement au pouvoir au Royaume-Uni. Cependant, il fait face à une opposition forte, notamment de la part du parti Reform UK, dirigé par Nigel Farage, une figure populiste proche du mouvement américain MAGA. Farage, qui avait joué un rôle clé dans la campagne pour le Brexit en 2016, a salué les déclarations de Burnham, les qualifiant de « plus grand coup de pouce de [sa] carrière ». Reform UK est aujourd’hui la deuxième force politique du pays, derrière les travaillistes. Cette situation illustre les divisions persistantes au sein de la société britannique, où une partie de l’électorat reste attachée aux idées du *Leave*, malgré les conséquences négatives du Brexit.

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