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De Clément Gignac à Olivier Primeau, un appel à l’aide pour les PME

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 19 j

Deux rapports décrivent les facteurs qui freinent l'essor de ces entreprises au Canada..

Importance des PME

Les petites et moyennes entreprises (PME) représentent 99,7 % des entreprises au Canada et emploient la majorité des travailleurs du secteur privé. Au Québec, leur rôle est crucial pour l'économie locale. Cependant, elles font face à des défis majeurs, notamment en raison des menaces commerciales comme celles de Donald Trump et du vieillissement de la population. Pour maintenir leur compétitivité, ces entreprises doivent trouver de nouveaux marchés et augmenter leur productivité. Pourtant, leur croissance est freinée par des obstacles structurels, comme l'accès difficile au financement et une bureaucratie pesante. Ces enjeux ont été soulignés par deux rapports récents, dont celui d'Olivier Primeau, qui a sillonné le Québec pour recueillir des témoignages auprès de 70 PME.

Rapport Primeau

Olivier Primeau, entrepreneur et auteur d'un rapport de 20 pages, a mené une tournée électorale à la demande de la Coalition avenir Québec (CAQ) pour évaluer les besoins des PME. Il a formulé six recommandations pour les soutenir : mieux adapter l'immigration aux besoins régionaux, réduire la bureaucratie, simplifier l'accès au financement, favoriser l'achat local en privilégiant la qualité et l'innovation plutôt que le prix, faciliter le repreneuriat (reprise d'entreprises) et accélérer l'automatisation et l'utilisation de l'intelligence artificielle. Primeau a constaté que les entrepreneurs passent en moyenne plus de 30 heures par mois à remplir des formalités administratives, ce qui étouffe leur capacité à innover et à croître. Il espère que le nouveau gouvernement, dirigé par Paul St-Pierre Plamondon, prendra ces propositions en compte.

Financement des PME

L'accès au financement est un problème majeur pour les PME au Canada. Un rapport du Comité sénatorial permanent des banques, du commerce et de l'économie, dirigé par les sénateurs Clément Gignac et Toni Varone, révèle que seulement 11,6 % de la valeur des prêts bancaires en 2021 étaient accordés aux PME, contre 44 % en moyenne dans les pays de l'OCDE. Le taux d'intérêt moyen pour ces entreprises était de 6,2 %, contre 4,4 % dans les pays de l'OCDE. Le système financier canadien, conçu pour être stable, privilégie les grandes entreprises moins risquées, laissant les PME sans ressources pour se développer. Ce manque de financement limite leur capacité à innover, à embaucher ou à moderniser leurs équipements.

Propositions des sénateurs

Pour remédier à ces problèmes, les sénateurs Gignac et Varone proposent plusieurs mesures, dont la création d'un « bureau des PME » avec un ministre dédié, une réforme de la politique fiscale pour encourager les investissements, et des avantages fiscaux pour les entreprises qui gardent leur propriété intellectuelle au Canada. Ils suggèrent aussi de faciliter l'accès aux marchés publics fédéraux et d'encourager l'entrepreneuriat. Une autre proposition clé est de réduire la concentration du secteur financier, dominé par quelques grandes institutions, en soutenant des alternatives comme les petits intermédiaires ou les plateformes de financement participatif. L'objectif est de diversifier les sources de crédit pour les PME.

Productivité et transferts

La productivité des PME canadiennes est en retard par rapport à celle des États-Unis : pour chaque dollar généré par heure travaillée aux États-Unis, le Canada n'en génère que 73 cents. Cet écart s'aggrave, car les investissements des entreprises au Canada sont passés de 14 % du PIB en 2014 à 11 % en 2024. Un autre défi majeur est le transfert d'entreprises : près de 75 % des propriétaires de PME prévoient prendre leur retraite d'ici 10 ans. Pour éviter que ces entreprises ne ferment ou ne soient rachetées par des intérêts étrangers, les sénateurs proposent des fiducies collectives d'employés et une exonération à vie sur les gains en capital pour les propriétaires qui vendent leur entreprise à des acheteurs canadiens. Le Parti québécois envisage aussi de réduire le taux d'imposition des sociétés de 11,5 % à 9,5 % pour stimuler l'économie.

Ce que ça pourrait changer

Le Québec traverse une période économique difficile, avec une croissance quasi nulle, des pertes d'emplois et un taux de chômage en hausse. Ces difficultés sont aggravées par des tensions commerciales, comme celles liées aux politiques de Donald Trump. Dans ce contexte, les PME, qui sont le moteur de l'emploi et de l'innovation, ont besoin d'un soutien urgent. Les rapports de Primeau et des sénateurs Gignac et Varone soulignent l'urgence d'agir pour éviter une détérioration supplémentaire du tissu entrepreneurial. Les solutions proposées visent à redonner aux PME les moyens de se développer, d'innover et de contribuer à la relance économique.

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