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Géopolitique

“Issy Wood par Issy Wood” : portrait craché de la Gen Z

Courrier International · mis à jour il y a 14 j

Avec “Issy Wood : Self-Portraits”, la peintre de la Gen Z a (enfin) l’exposition qu’elle mérite. Visible depuis le 9 octobre et jusqu’au 28 février 2027, la présentation de onze œuvres de la Britannico-Américaine à la National Portrait Gallery de Londres est l’occasion de (re) présenter Issy Wood, décrite comme “la peintre zillenniale par excellence”..

Exposition majeure

L’exposition Issy Wood: Self-Portraits se tient à la National Portrait Gallery de Londres du 9 octobre 2026 au 28 février 2027. C’est la première fois qu’une institution de ce rang consacre une exposition solo à Issy Wood, artiste britannico-américaine âgée de 33 ans. Cette rétrospective présente onze autoportraits, un genre pictural historique où l’artiste se représente elle-même. Issy Wood est décrite par la presse britannique comme la peintre zillenniale par excellence, une figure emblématique de la génération Z. Les critiques soulignent son style unique, mêlant mélancolie, introspection et une esthétique influencée par les réseaux sociaux, la publicité et la culture internet. L’exposition est considérée comme une reconnaissance tardive pour une artiste dont la notoriété a pourtant grandi rapidement ces dernières années.

Style et influences

Issy Wood se distingue par des autoportraits de grande taille, souvent flous ou fragmentés, qui captent des détails du quotidien comme des masques de soin coréens, des faux ongles ou des miroirs. Son travail s’inspire de plusieurs courants artistiques : la période nacrée de Pierre-Auguste Renoir, les collages d’Hannah Höch et de John Stezaker, ainsi que les codes visuels de la mode, de la pornographie et des réseaux sociaux. Ces influences créent une atmosphère à la fois séduisante et troublante, reflétant les angoisses et l’ennui de la vie moderne. Wood utilise des selfies comme base pour ses toiles, transformant des images éphémères en œuvres durables. Ses peintures sont décrites comme étranges, étouffantes et intimes, offrant un aperçu des obsessions et des rituels de sa génération.

Parcours de l'artiste

Repérée par une agence de mannequins à 14 ans, Issy Wood a souffert toute sa vie de troubles alimentaires (anorexie, boulimie) et de dysmorphophobie, une difficulté à accepter son apparence physique. Malgré ces défis, elle a su transformer ses insécurités en une carrière artistique. Elle a étudié à la Royal Academy Schools et, depuis 2020, a peint 90 autoportraits. Son travail a été acquis par des institutions prestigieuses comme la Tate de Londres et le Metropolitan Museum of Art de New York. Wood est aujourd’hui considérée comme une figure majeure du renouveau de la peinture figurative, inspirant de nombreux jeunes artistes. Son succès contraste avec la mélancolie qui émane de ses œuvres, révélant une personnalité complexe entre vulnérabilité et ambition.

Reconnaissance critique

La presse britannique, comme The Guardian et The Daily Telegraph, salue le travail d’Issy Wood. Le premier décrit son art comme celui de ceux qui s’ennuient, prennent des médicaments, passent leur temps en ligne, évoquant une génération en quête de sens. Le second la qualifie d’avant-garde du renouveau de la peinture figurative. Pourtant, certains critiques s’étonnent qu’elle n’ait pas été exposée plus tôt dans de grandes institutions, malgré son influence croissante. Wood est aujourd’hui l’une des favorites du marché de l’art, et des médias comme The Guardian prédisent qu’elle sera considérée dans vingt ans comme la peintre zillenniale par excellence. Son exposition à la National Portrait Gallery marque un tournant dans sa carrière, lui offrant enfin une visibilité à la hauteur de son talent.

Contexte et enjeux

Issy Wood incarne une génération marquée par l’hyperconnexion, les troubles psychologiques et une quête d’identité. Ses autoportraits reflètent cette réalité en capturant des moments de vulnérabilité, comme des plans serrés sur son visage ou des détails du quotidien (caféine, écrans, soins de beauté). Le critique du Guardian compare son approche à espionner les onglets de navigateur de quelqu’un ou jeter un œil dans le journal intime d’une jeune ambitieuse. Wood aborde ainsi des thèmes universels comme l’angoisse, l’ennui et la pression sociale, tout en s’inscrivant dans une tradition artistique millénaire. Son exposition souligne aussi l’évolution des musées, qui cherchent désormais à attirer un public jeune, notamment la génération Z, en proposant des contenus plus accessibles et connectés.

Ce que ça pourrait changer

L’exposition *Issy Wood: Self-Portraits* est visible à la National Portrait Gallery de Londres jusqu’au 28 février 2027. Pour plus d’informations, le public peut consulter le site officiel de la galerie. Cette rétrospective marque une étape importante pour l’artiste, dont la carrière a pris de l’ampleur depuis 2016, année où elle a été repérée alors qu’elle était encore étudiante. L’exposition est également l’occasion de découvrir une artiste dont le travail résonne avec les défis et les aspirations de sa génération, tout en s’inscrivant dans l’histoire de l’art.

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