Le pape Léon XIV met en garde contre la menace que représente l’IA pour l’humanité, au début de sa visite en France
Le souverain pontife s’est inquiété, vendredi, au premier jour de sa visite de quatre jours dans l’Hexagone, du risque de “perdre notre humanité au milieu du paradis des machines”. Il a également délivré des messages sur l’État de droit et la fin de vie..
Le pape Léon XIV, élu en 2025, effectue du 25 au 28 septembre 2026 une visite officielle de quatre jours en France, son quatrième voyage international depuis le début de son pontificat. Ce déplacement, qualifié d'intense par les médias, marque un retour symbolique dans l'un des berceaux du catholicisme européen. La première journée a débuté par une rencontre avec le président français Emmanuel Macron à l'Élysée, suivie d'un discours à l'Unesco. Le pape, premier souverain pontife américain, a été accueilli par des milliers de fidèles lors de son trajet en papamobile à Paris, entre Montparnasse et le Quartier Latin, sur une distance de 2,5 kilomètres. La journée s'est achevée par une veillée de prière au Stade de France à Saint-Denis, réunissant plus de 80 000 jeunes.
Lors de ses discours, le pape Léon XIV a exprimé une préoccupation majeure concernant l'intelligence artificielle (IA), qu'il qualifie de menace pour l'humanité. Il met en garde contre le risque de perdre notre humanité au milieu d'un paradis de machines, soulignant que les progrès technologiques pourraient conditionner et envahir la vie quotidienne. Selon lui, il est urgent de former les individus au discernement éthique pour distinguer ce qui est moralement juste. Le pape critique également l'attribution du terme intelligence à des systèmes informatiques, alors que cette qualité est traditionnellement associée à la pensée humaine. Il craint que cette déshumanisation ne conduise à juger les personnes selon des critères d'efficacité, les rendant jetables lorsqu'elles ne sont plus productives.
Le souverain pontife a insisté sur la nécessité de maintenir une éthique dans l'utilisation des nouvelles technologies, affirmant que toute science risque de perdre son sens véritable lorsqu'elle est pratiquée sans éthique. Il a rappelé que les innovations technologiques doivent rester au service de la personne humaine et ne pas devenir des outils de domination ou d'injustice. Le pape a également évoqué les risques de déshumanisation liés à l'IA, où les relations humaines pourraient s'appauvrir. Il a souligné que les systèmes artificiels, bien qu'ils prétendent imiter l'intelligence humaine, ne doivent pas éclipser la dignité inaliénable des personnes, dont la valeur ne devrait pas être réduite à leur utilité économique.
Le pape Léon XIV a critiqué les dirigeants mondiaux pour leur manque de respect envers l'État de droit. Il a dénoncé ceux qui invoquent la loi uniquement lorsqu'elle sert leurs intérêts, tout en la bafouant lorsqu'elle les entrave. Selon lui, certains traitent la justice comme une marchandise que l'on peut acheter ou vendre. Bien qu'il n'ait cité aucun nom, cette critique s'inscrit dans une série de prises de position du pape contre les régimes autoritaires. En avril 2026, il avait déjà qualifié le monde de ravagé par une poignée de tyrans. Ces déclarations interviennent dans un contexte où plusieurs pays, dont la France, adoptent des lois controversées, comme celle sur la fin de vie en 2026.
Le pape s'est dit préoccupé par les tendances sociétales qui pourraient détourner la science et la technologie vers des entreprises lucratives. Il a notamment cité des pratiques comme les manipulations génétiques, la gestation pour autrui, l'achat d'organes ou l'offre de mort programmée. Ces sujets, liés à des avancées médicales et biotechnologiques, soulèvent des questions éthiques majeures. Le pape craint que ces innovations ne deviennent des outils de profit au détriment de la dignité humaine. Ces déclarations interviennent deux mois après l'adoption en France d'une loi sur la fin de vie, un sujet qui divise l'opinion publique et les institutions religieuses.
La visite du pape en France a connu son *point d'orgue* le samedi 26 septembre 2026 avec une messe géante sur la place de la Concorde à Paris, attirant plus d'un demi-million de participants. Un autel a été spécialement érigé pour l'occasion, et une vaste zone autour des Champs-Élysées a été sécurisée par les forces de l'ordre. Les organisateurs ont prévu de grandes foules tout au long du voyage, reflétant selon la BBC un *enthousiasme* attribué à un *regain de spiritualité* chez les Français et les Européens. Cette mobilisation massive contraste avec la laïcité historique de la France, souvent qualifiée de *fille aînée de l'Église*.

