L’accord “One in, one out” entre Londres et Paris a expiré, “quelle surprise”
Lancée en août 2025, cette expérimentation visant à échanger des personnes migrantes entre les deux pays était critiquée par les organisations de défense des droits humains et a eu des résultats très limités. La France souhaiterait plutôt un accord à l’échelle de l’Union européenne.
L’accord baptisé One in, one out (« un qui entre, un qui sort »), conclu entre la France et le Royaume-Uni en août 2025, a officiellement pris fin le 1er octobre 2026. Cet accord expérimental prévoyait un échange de demandeurs d’asile entre les deux pays : pour chaque personne migrant illégalement vers le Royaume-Uni via la Manche depuis la France, Londres devait en renvoyer une autre vers la France, mais cette fois-ci en suivant une procédure légale. Le dispositif visait à réduire les traversées clandestines tout en respectant les règles internationales sur l’asile. Cependant, les résultats ont été jugés très insuffisants par les deux parties, avec seulement environ 1 500 échanges réalisés en un an, alors que plus de 40 000 personnes avaient traversé la Manche illégalement pendant la même période.
Les médias britanniques, comme The Guardian et The Spectator, dressent un bilan critique de cet accord. Le quotidien The Guardian souligne que les 1 500 échanges réalisés représentent à peine le nombre de migrants arrivés en une semaine dans la seconde moitié de septembre 2026. The Spectator, un hebdomadaire conservateur, va plus loin en qualifiant l’accord de « gaspillage d’argent » et de « échec cuisant », estimant qu’il était « condamné à l’avortement » dès sa conception. Les organisations de défense des droits humains avaient également critiqué cet accord, le jugeant inefficace et contraire aux principes humanitaires. La France, de son côté, n’a pas souhaité le prolonger, préférant une approche plus large au niveau de l’Union européenne.
Le contexte migratoire entre la France et le Royaume-Uni reste tendu, avec plus de 40 000 arrivées illégales par la Manche depuis août 2025. Ces traversées, souvent réalisées à bord de petites embarcations, posent un défi majeur pour les deux pays. Le Royaume-Uni, qui cherche à réduire ces flux, a tenté avec cet accord de dissuader les migrants en leur offrant une alternative : un transfert légal vers le Royaume-Uni en échange d’un retour en France. Cependant, cette stratégie n’a pas eu l’effet escompté, les migrants continuant à tenter leur chance malgré les risques. La France, de son côté, a toujours insisté sur la nécessité d’une solution européenne pour gérer ces flux, plutôt que des accords bilatéraux.
Le Royaume-Uni aurait souhaité prolonger l’expérimentation, mais la France a refusé, préférant une approche plus globale. *The Spectator* rapporte que Londres voyait dans cet accord un moyen de montrer une fermeté sur la question migratoire, tandis que Paris y voyait une solution temporaire sans impact réel. Les deux pays restent donc en désaccord sur la meilleure façon de gérer cette crise. La France mise désormais sur une coordination au niveau de l’Union européenne, où elle espère trouver des solutions plus durables et équitables pour tous les États membres. Cet échec du *One in, one out* illustre les difficultés à trouver des réponses communes à un problème qui dépasse les frontières nationales.

