Utilisés pour maigrir, ces médicaments seraient associés à une diminution de 40 % des crises d'asthme
Le sémaglutide, principe actif de l'Ozempic et du Wegovy, serait lié à une baisse de près de 40 % des crises d'asthme selon une étude portant sur plus de 80 000 patients britanniques..
Une étude récente suggère que certains médicaments initialement conçus pour traiter le diabète de type 2 et l'obésité pourraient avoir un effet secondaire bénéfique pour les personnes asthmatiques. Ces traitements, appelés agonistes des récepteurs GLP-1 (comme le sémaglutide ou le liraglutide), agissent en imitant une hormone naturelle, le GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1), qui régule la glycémie et l'appétit. Leur mécanisme d'action repose sur la stimulation de la sécrétion d'insuline et le ralentissement de la digestion, ce qui favorise la perte de poids. Ces médicaments sont souvent prescrits sous forme d'injections ou de comprimés en cas d'obésité ou de diabète de type 2 associé à un surpoids.
Selon les résultats de cette étude, l'utilisation de ces médicaments serait associée à une diminution de 40 % des crises d'asthme chez les patients concernés. Cette réduction significative suggère un lien entre le mécanisme d'action de ces traitements et l'inflammation des voies respiratoires, un facteur clé dans l'asthme. Les chercheurs supposent que ces médicaments pourraient moduler l'inflammation systémique, un phénomène qui touche plusieurs organes, y compris les poumons. Cependant, l'étude ne précise pas si cet effet est direct ou indirect, ni s'il s'applique à tous les types d'asthme.
Cette découverte émerge dans un contexte où l'obésité est reconnue comme un facteur de risque majeur pour l'asthme, notamment en aggravant les symptômes et en réduisant l'efficacité des traitements classiques. Environ 4 % de la population mondiale souffre d'asthme, une maladie chronique des voies respiratoires caractérisée par des crises de dyspnée (difficulté à respirer), une toux et une respiration sifflante. L'obésité, quant à elle, touche plus de 650 millions d'adultes dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les chercheurs soulignent que ces médicaments pourraient offrir une approche complémentaire pour les patients asthmatiques en surpoids.
Bien que prometteurs, ces résultats nécessitent des recherches supplémentaires pour confirmer le lien de cause à effet et comprendre les mécanismes sous-jacents. Les scientifiques rappellent que ces médicaments ne sont pas des traitements de l'asthme et ne doivent pas remplacer les thérapies existantes, comme les inhalateurs de corticoïdes ou les bronchodilatateurs. De plus, leur utilisation peut entraîner des effets secondaires, tels que des troubles digestifs (nausées, vomissements) ou des risques d'hypoglycémie en cas d'association avec d'autres antidiabétiques. Leur prescription doit donc être encadrée par un professionnel de santé.
Les auteurs de l'étude estiment que ces résultats ouvrent de nouvelles pistes pour explorer le potentiel des *agonistes des récepteurs GLP-1* dans le traitement de l'asthme, en particulier chez les patients obèses. Ils suggèrent que des essais cliniques randomisés pourraient être menés pour évaluer leur efficacité et leur sécurité dans cette indication. À plus long terme, ces médicaments pourraient représenter une option thérapeutique innovante, bien que leur coût et leur accessibilité restent des défis à relever, notamment dans les pays à revenus intermédiaires.

