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Généraliste

La dernière manche

Le Devoir · mis à jour 24 sept.

Paul St-Pierre Plamondon a passé une soirée étonnamment tranquille, mais rien n’est encore réglé..

Débat sans surprise

Lors du troisième et dernier débat de la campagne électorale québécoise de 2026, les chefs des principaux partis (Paul St-Pierre Plamondon pour le Parti Québécois, Christine Fréchette pour la Coalition Avenir Québec, Charles Milliard pour le Parti libéral du Québec, Éric Duhaime pour le Parti conservateur du Québec et Ruba Ghazal pour Québec solidaire) ont adopté une posture plus mesurée qu’auparavant. Contrairement aux débats précédents, les tensions autour d’un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec n’ont pas dominé les échanges. Christine Fréchette, première ministre sortante, a minimisé les craintes liées à une possible perte d’emplois due aux tarifs douaniers américains, un sujet qu’elle avait pourtant régulièrement évoqué. Charles Milliard a quant à lui été perçu comme plus mature, bien que sa proposition de réduire la taxe sur l’essence ait été rejetée pour des raisons budgétaires. Le débat n’a pas suffi à renverser une dynamique de campagne déjà très défavorable à la CAQ.

Bilan mitigé CAQ

Le gouvernement de la Coalition Avenir Québec (CAQ), dirigé par François Legault, a accumulé un bilan lourd après huit années au pouvoir, ce qui pèse sur les perspectives électorales de Christine Fréchette. Parmi les promesses non tenues mises en avant, figure l’accès universel à un médecin de famille, une mesure promise mais jamais concrétisée. De plus, la première ministre a soutenu une super déduction fiscale pour la productivité, annoncée par le gouvernement ontarien de Doug Carney, qui privera le Québec d’un milliard de dollars de revenus annuels. Cette mesure a été critiquée, d’autant que Fréchette avait auparavant déploré ne pas avoir été consultée. Le débat a également révélé des tensions internes à la CAQ, notamment avec l’influenceur Olivier Primeau, rémunéré 20 000 $ pour promouvoir le parti, mais qui a déclaré préférer voter conservateur.

Stratégies libérales

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a tenté de se positionner comme une alternative crédible, bien que sa vision d’un « Québec fort dans un grand Canada » reste floue. Il a évoqué des « demandes importantes » à adresser au gouvernement fédéral, comme le contrôle de l’immigration temporaire, mais sans préciser de mesures concrètes. Milliard a également écarté l’idée de réduire la taxe sur l’essence, une proposition populaire mais coûteuse pour les finances publiques. Malgré une amélioration progressive de sa performance lors des débats, son parti reste en difficulté, avec des projections allant de 0 à 7 sièges selon le site Qc125. La première ministre Fréchette le devance d’un point dans la circonscription de Trois-Rivières, mais son avenir politique est incertain.

Conservateurs en progression

Éric Duhaime, chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), a abordé le débat avec moins de pression que ses adversaires, car son parti est déjà crédité de 17 % des intentions de vote et d’une projection de 14 sièges. Cette performance dépasse ses objectifs initiaux, et Duhaime a clairement indiqué qu’il ne visait pas la formation du gouvernement. En cas de gouvernement minoritaire, il s’est dit prêt à négocier son appui sur la plupart des dossiers, à l’exception des référendums. Cependant, les divergences programmatiques entre le PCQ et les autres partis rendent ces négociations potentiellement difficiles. Son discours vise à rassurer les électeurs inquiets de ses positions.

Québec solidaire stable

Ruba Ghazal, cheffe de Québec solidaire (QS), est restée fidèle à ses positions, en insistant sur le fait que son parti est le seul à rejeter l’austérité. Malgré une campagne jugée meilleure que celle de 2022, les intentions de vote pour QS restent inférieures à 50 % de son score de 2022, avec moins de 10 % des voix. Ghazal met en avant des propositions sociales et écologiques, mais cette ligne politique ne semble pas convaincre suffisamment d’électeurs pour inverser la tendance. Le parti continue de promouvoir une alternative progressiste, mais son influence électorale reste limitée.

Ce que ça pourrait changer

Le troisième débat n’a pas eu d’impact décisif sur les électeurs indécis, laissant la campagne dans une phase finale tendue. Les dix derniers jours avant le scrutin du 5 octobre 2026 pourraient être déterminants, notamment si un nouveau sondage laisse entrevoir une victoire du Parti Québécois (PQ) avec un gouvernement majoritaire. L’article rappelle qu’en 2012, un débat similaire avait eu lieu le 19 août, où Pauline Marois avait évité de préciser si un référendum serait tenu dès un premier mandat. Malgré des intentions de vote à 36 % deux jours avant l’élection, le PQ avait finalement obtenu 31,9 % des voix et 54 députés. Cette anecdote illustre la volatilité des intentions de vote en fin de campagne.

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