Le Maroc déploie ses forces et montre qu’il est le maître de la frontière à Ceuta
D’après la presse espagnole, la tentative annoncée de submerger à nouveau la frontière de l’enclave espagnole, le 15 août, a tourné court, donnant lieu finalement à une démonstration des forces de l’ordre marocaines. Rabat prouve ainsi qu’il peut contrôler le passage quand il le veut, écrivent des quotidiens madrilènes..
Le Maroc et l'Espagne sont engagés dans une crise autour des enclaves de Ceuta et Melilla, deux villes espagnoles situées sur la côte nord-africaine. Ces territoires, considérés comme des avant-postes de l'Union européenne en Afrique, sont des points de passage majeurs pour les migrants subsahariens tentant de rejoindre l'Europe. Le Maroc, qui partage une frontière terrestre avec ces enclaves, joue un rôle clé dans le contrôle des flux migratoires. Le 15 août 2026, le Maroc a déployé des forces de sécurité massives à la frontière de Ceuta, démontrant sa capacité à bloquer ou autoriser le passage des migrants selon sa volonté politique.
Le 15 août 2026, le Maroc a mobilisé un dispositif policier et militaire sans précédent à la frontière de Ceuta, incluant des unités antiémeutes et des agents du renseignement. Ce déploiement visait à empêcher une tentative de passage de centaines de migrants subsahariens et de Marocains, incités par des appels sur les réseaux sociaux à reproduire l'afflux massif des 30 et 31 juillet 2026, où plus de 80 000 migrants avaient pénétré à Ceuta. Les forces marocaines ont encerclé les migrants dans les collines frontalières, puis les ont repoussés à l'aide de charges policières. Environ 300 migrants ont été arrêtés et transférés vers des villes du sud du Maroc, comme Ouarzazate, située à plus de 800 km de Ceuta.
Le Maroc a adopté une stratégie en deux temps pour gérer les flux migratoires vers Ceuta. Entre le 30 et le 31 juillet 2026, les autorités marocaines ont laissé passer un grand nombre de migrants, créant une crise humanitaire à Ceuta. Puis, le 15 août, elles ont montré leur capacité à bloquer totalement la frontière, prouvant qu'elles contrôlent les passages quand elles le souhaitent. Cette approche vise à exercer une pression politique sur l'Espagne tout en maintenant une image de fermeté. Les forces espagnoles déployées à Ceuta sont restées en retrait, jouant un rôle secondaire face à la démonstration de force marocaine.
Le Maroc a expulsé des journalistes espagnols (de l'agence Efe et de la télévision RTVE) couvrant les événements à Fnideq, la ville marocaine frontalière avec Ceuta. Cette décision s'inscrit dans un contexte de réciprocité, après que des journalistes marocains avaient été empêchés de travailler à Ceuta quelques jours plus tôt. Ces tensions illustrent les frictions récurrentes entre les deux pays, notamment sur la question de la souveraineté et du contrôle des frontières. Les autorités marocaines et espagnoles s'accusent mutuellement de manipuler l'information pour servir leurs intérêts politiques.
Les migrants arrêtés le 15 août 2026 étaient majoritairement des Subsahariens, dont certains avaient quitté leur famille pour tenter le voyage vers l'Europe. Un migrant tchadien interrogé par El País a exprimé son désespoir en suppliant : « Notre seul espoir est d’arriver en Europe. Laissez-nous entrer à Ceuta ! ». Les jeunes Marocains ayant réussi à traverser la frontière à la nage fin juillet ont décrit leur expérience comme « terrible », bien qu'ils n'aient pas renoncé à tenter à nouveau leur chance. Les opérations marocaines ont également découragé de nombreux candidats au passage, réduisant fortement le nombre de tentatives ce jour-là.
La ville de Fnideq, située à la frontière avec Ceuta, est actuellement soumise à une surveillance intensive par les autorités marocaines. Des milliers de soldats, policiers et agents du renseignement y contrôlent chaque conversation et chaque mouvement. Cette surveillance vise à prévenir toute tentative de passage non autorisée et à montrer la capacité du Maroc à imposer un ordre strict. Les migrants étaient auparavant camouflés dans les collines frontalières, attendant un moment propice pour tenter leur chance. Le déploiement policier du 15 août a brisé cette *« trêve implicite »*, illustrant la détermination du Maroc à reprendre le contrôle total de sa frontière.

