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Géopolitique

À Istanbul, des pluies historiques ont transformé les rues en torrents

Courrier International · mis à jour il y a 22 j

La mégapole a subi, mercredi 14 octobre, un épisode de précipitations majeur, le plus important de son histoire récente, qui a fait au moins deux morts. L’ampleur des dégâts souligne l’incapacité des infrastructures de la plus grande ville de Turquie à faire face à un phénomène climatique majeur..

Pluies historiques à Istanbul

Istanbul a connu le 14 octobre 2026 un épisode de pluies torrentielles sans précédent depuis 1985, selon le quotidien turc Birgün. Le quartier de Beykoz, situé sur la rive asiatique de la ville, a enregistré 242 millimètres de pluie en un jour et demi, un record historique pour la métropole. Ce chiffre dépasse largement les précipitations annuelles moyennes de Paris : par exemple, la station météo de Paris-Montsouris avait enregistré 246 millimètres en 2024, l’année la plus pluvieuse de son histoire. Le 15 octobre, les pluies se sont poursuivies, atteignant 273 millimètres à Beykoz, confirmant l’ampleur exceptionnelle de l’événement. Ces précipitations ont transformé les rues en torrents, submergeant les infrastructures et provoquant des inondations majeures.

Bilan humain et dégâts

Les pluies historiques ont causé la mort d’au moins deux personnes, dont un adolescent électrocuté. Les autorités turques ont fermé les écoles pendant deux jours en raison des risques persistants. Les services de la municipalité d’Istanbul ont été mobilisés à près de 7 000 reprises pour gérer la crise. Les images partagées sur les réseaux sociaux montrent des scènes dramatiques : une femme secourue après avoir été emportée par les eaux, des voitures ensevelies sous la boue, et des passagers d’un bus bloqués sur leurs sièges après l’inondation de l’habitacle. Ces dégâts illustrent l’incapacité des infrastructures locales à faire face à un phénomène climatique d’une telle intensité.

Problèmes d’infrastructures

L’ampleur des dégâts met en lumière les failles des réseaux d’évacuation des eaux et la sécurité des axes de circulation à Istanbul. La ville, qui compte environ 16 millions d’habitants, a connu une croissance démographique et un développement urbain rapide et désorganisé. Les pouvoirs publics n’ont pas réussi à adapter les infrastructures à cette expansion, ce qui aggrave les conséquences des événements climatiques extrêmes. Le gouverneur de la ville, Davut Gül, a reconnu l’ampleur de la crise, mais les critiques soulignent l’insuffisance des mesures préventives mises en place pour éviter de telles situations.

Réactions politiques et enjeux

Les militants du parti islamo-nationaliste AKP, au pouvoir en Turquie, ont distribué des couvertures imperméables aux habitants touchés par les inondations, tout en critiquant la gestion de la ville par l’opposition. Depuis 2019, Istanbul est dirigée par Ekrem İmamoğlu, maire issu de l’opposition, mais il est emprisonné depuis mars 2025. Le gouvernement turc pourrait tenter de reprendre le contrôle de la municipalité, une perspective qui inquiète l’opposition. Cette crise survient dans un contexte de tensions politiques accrues, où la répression envers l’opposition s’intensifie. Les prochains mois pourraient voir une escalade des tensions autour de la gestion de la ville.

Ce que ça pourrait changer

Cet événement illustre les défis posés par le changement climatique, qui augmente la fréquence et l’intensité des phénomènes météorologiques extrêmes. Les villes, en particulier celles des pays en développement comme la Turquie, sont souvent mal préparées à ces nouvelles réalités. Istanbul, en tant que mégapole densément peuplée, est particulièrement vulnérable aux inondations en raison de son urbanisation rapide et de ses infrastructures inadaptées. Les experts soulignent la nécessité de repenser la planification urbaine et les systèmes de gestion des risques pour mieux protéger les populations face à ces aléas climatiques de plus en plus fréquents.

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