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A Station F, Bruno Retailleau présente son plan à 25 milliards d’euros pour l’IA

Maddyness · mis à jour 7 juil.

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Plan IA de Retailleau

Bruno Retailleau, sénateur vendéen et président des Républicains, a présenté le 7 juillet 2026 à Station F son plan pour développer l’intelligence artificielle (IA) en France. Ce plan prévoit un investissement de 25 milliards d’euros sur 5 ans, soit 5 milliards d’euros par an. L’objectif est de transformer l’État et l’économie française en utilisant l’IA comme levier. Selon lui, ce plan pourrait générer 15 milliards d’économies pour l’État en fluidifiant les processus administratifs et en optimisant les dépenses publiques. Retailleau considère l’IA comme une architecture de civilisation et la qualifie de plus grande bataille technologique de l’histoire.

Transformation de l’État

Retailleau souhaite moderniser l’État français en utilisant l’IA pour réduire la paperasse administrative, un problème récurrent pour les citoyens. Il propose la création d’un agent IA nommé Marianne pour simplifier les démarches administratives. Par ailleurs, il envisage de libérer entre 250 000 et 300 000 fonctionnaires en automatisant certaines tâches grâce à l’IA. Une partie de ces fonctionnaires serait redéployée sur des missions plus utiles, tandis que d’autres ne seraient pas remplacés après leur départ à la retraite. Il plaide également pour la création d’un ministère dédié à l’IA, directement rattaché au Premier ministre. Retailleau critique l’état actuel de l’administration française, qu’il compare à l’âge de pierre dans le numérique, malgré des dépenses publiques élevées.

Sécurité et santé

Sur le plan sécuritaire, Retailleau souhaite autoriser l’utilisation de caméras intelligentes dans un cadre strict, une technologie qui avait été testée lors des Jeux Olympiques de Paris 2024 avec 485 caméras pilotées par IA. Il propose d’en faire une norme pour améliorer la sécurité publique. Concernant la santé, il mise sur l’IA prédictive pour faciliter la prévention et libérer du temps pour les médecins et infirmiers. Par exemple, l’IA pourrait aider à détecter plus rapidement les départs de feu en forêt grâce à des drones autonomes ou à des modélisations avancées. Ces outils permettraient une intervention plus efficace face aux incendies, un enjeu croissant en France.

Souveraineté technologique

Retailleau insiste sur la nécessité pour la France de garantir sa souveraineté technologique face aux puissances étrangères, notamment les États-Unis et la Chine, dont les entreprises dominent le secteur de l’IA. Il propose la création d’un cloud souverain sécurisé, conforme à la norme SecNumCloud, pour protéger les données sensibles des lois extraterritoriales étrangères. Il souhaite également développer des data centers souverains avec une puissance de 1 gigawatt d’ici 2030, puis 4 gigawatts d’ici 2035. Pour renforcer l’attractivité économique de la France, il envisage un Buy European First Act, favorisant les commandes publiques européennes, et un mécanisme de suramortissement pour soutenir fiscalement les entreprises françaises d’IA et de robotique.

Retour des talents et dérégulation

Pour attirer les talents formés en France mais partis à l’étranger, notamment aux États-Unis, Retailleau propose un plan de retour avec des avantages fiscaux et sociaux. Il critique également les réglementations européennes, comme le RGPD (Règlement Général sur la Protection des Données) et l’AI Act (règlement européen sur l’IA), qu’il juge trop contraignantes pour l’innovation. Il suggère une dérogation de 3 ans sur ces textes pour les projets stratégiques liés à l’IA. Retailleau se positionne comme un techno-réaliste, évitant à la fois l’enthousiasme excessif (techno-béat) et le rejet systématique (techno-réact) de la technologie. Il estime que la France doit innover rapidement pour ne pas prendre de retard face à ses concurrents.

Ce que ça pourrait changer

Bruno Retailleau n’est pas le seul candidat de droite à proposer un plan ambitieux pour l’IA. Gabriel Attal, par exemple, a présenté un plan de 200 milliards d’euros pour faire de la France la première puissance européenne de l’IA d’ici 10 ans. Édouard Philippe, autre candidat, souhaite quant à lui lancer un grand plan de transformation numérique des services publics par l’IA. Retailleau devra donc se démarquer dans un paysage politique où l’IA est devenue un enjeu central, avec des propositions chiffrées et des visions parfois divergentes. Son plan s’inscrit dans une course à l’innovation technologique, mais aussi à la souveraineté nationale, dans un contexte où le temps presse selon ses propres termes.

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