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Environnement

« Je suis furax » : plus de 50 organisations réclament devant Bercy un budget à la hauteur de l'urgence climatique

Reporterre · mis à jour il y a 4 j

« Colère », « ras-le-bol »... Alors que le budget 2027 prévoit des moyens en baisse pour l'écologie, après cet été caniculaire et incendiaire, plus de cinquante organisations ont réclamé devant Bercy la fin de l'inaction climatique.

Manifestation devant Bercy

Plus de 50 organisations environnementales, syndicales et associatives se sont rassemblées devant le ministère de l'Économie et des Finances, situé à Bercy à Paris. Ce rassemblement a pour objectif de dénoncer l'insuffisance des budgets alloués par l'État français à la lutte contre le changement climatique. Les manifestants, parmi lesquels figurent des représentants de Greenpeace, de la Fondation Nicolas Hulot ou encore de la Confédération générale du travail (CGT), estiment que les financements actuels ne correspondent pas à l'ampleur de l'urgence climatique. Le ministère concerné, dirigé par Bruno Le Maire, est directement interpellé pour revoir ses priorités budgétaires et augmenter les dépenses dédiées à la transition écologique.

Urgence climatique non financée

Les organisations mobilisées soulignent que la France ne consacre qu'une part insuffisante de son budget national aux mesures nécessaires pour limiter le réchauffement climatique. Selon elles, les investissements actuels, estimés à environ 15 milliards d'euros par an, sont loin d'être à la hauteur des besoins estimés entre 30 et 40 milliards d'euros annuels pour atteindre les objectifs climatiques de l'Accord de Paris. Cet accord international, signé en 2015, vise à limiter la hausse des températures mondiales à 1,5°C par rapport à l'ère préindustrielle. Les manifestants rappellent que sans un financement accru, la France risque de ne pas respecter ses engagements, notamment en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Budget climatique insuffisant

Le budget alloué par l'État français à la transition écologique est jugé trop faible par les organisations signataires. Par exemple, seulement 1,5 % du budget total de l'État est actuellement consacré à des mesures environnementales, alors que les experts recommandent un minimum de 3 %. Les militants pointent du doigt des choix budgétaires contradictoires, comme le maintien de subventions aux énergies fossiles, estimées à 11 milliards d'euros par an. Ils demandent une réorientation des fonds publics vers des projets durables, tels que les énergies renouvelables, la rénovation thermique des bâtiments ou les transports propres. Le terme subventions aux énergies fossiles désigne les aides financières accordées par l'État aux industries du pétrole, du gaz et du charbon.

Appel à une fiscalité verte

Les organisations réclament la mise en place d'une fiscalité plus ambitieuse pour financer la transition écologique. Elles proposent notamment d'augmenter les taxes sur les activités polluantes, comme la taxation des émissions de CO₂ des industries ou des véhicules les plus émetteurs. Cette mesure vise à décourager les comportements nuisibles à l'environnement tout en générant des revenus pour financer des alternatives durables. Les militants citent l'exemple de la taxe carbone, un mécanisme déjà appliqué dans certains pays européens, qui consiste à taxer les produits en fonction de leur empreinte carbone. Ils estiment que cette approche pourrait rapporter plusieurs milliards d'euros supplémentaires chaque année.

Risques économiques et sociaux

Les organisations alertent sur les conséquences d'un manque d'investissement dans la transition écologique. Selon elles, l'inaction climatique pourrait entraîner des coûts bien plus élevés à long terme, notamment en raison des dégâts causés par les événements météorologiques extrêmes, comme les canicules, les inondations ou les sécheresses. Ces phénomènes, de plus en plus fréquents en France, ont déjà un impact économique estimé à plusieurs milliards d'euros par an. Les militants soulignent également que les retards dans la transition pourraient aggraver les inégalités sociales, en pénalisant en premier lieu les populations les plus vulnérables, moins capables de s'adapter aux changements.

Ce que ça pourrait changer

Les manifestants demandent une réponse concrète et immédiate du gouvernement. Ils exigent que le budget 2024, actuellement en discussion au Parlement, intègre des mesures fortes pour accélérer la transition écologique. Parmi leurs revendications figurent l'augmentation des aides pour la rénovation énergétique des logements, le développement des transports en commun et le soutien aux énergies renouvelables. Ils appellent également à la fin des subventions aux énergies fossiles d'ici 2025, conformément aux engagements pris par la France dans le cadre de l'Accord de Paris. Le gouvernement est invité à présenter un plan clair et chiffré pour atteindre ces objectifs.

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