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En période de canicule, ce ne sont pas les journées qui brouillent le cerveau, mais les nuits au-dessus de 25 °C

Science & Vie · mis à jour il y a 14 j

Une mauvaise nuit suffit à fausser nos calculs et nos arbitrages du lendemain. Quand la canicule s'installe et que le thermomètre ne redescend plus la nuit, le sommeil trinque le premier.

Canicule et sommeil

Une étude récente montre que les nuits où la température dépasse 25 °C perturbent davantage la qualité du sommeil que les journées de canicule. Le corps humain a besoin de températures fraîches, généralement entre 18 et 22 °C, pour s’endormir et entrer dans les phases profondes du sommeil. Lorsque la nuit reste au-dessus de 25 °C, le corps peine à réguler sa température interne, ce qui empêche un repos réparateur. Cette difficulté à dormir correctement peut entraîner des troubles de la concentration, de la mémoire et une sensation de brouillard mental le lendemain. Les chercheurs soulignent que ces effets sont bien plus marqués que ceux causés par la chaleur diurne, souvent atténuée par des solutions comme la climatisation ou les ventilateurs.

Température nocturne clé

Les scientifiques expliquent que la température nocturne est un facteur critique pour la qualité du sommeil, car elle influence directement la capacité du corps à atteindre les phases de sommeil profond et paradoxal. Ces phases sont essentielles pour la récupération physique et mentale. Une nuit à plus de 25 °C réduit de 30 à 50 % la durée de ces phases réparatrices, selon les études citées. Par exemple, une personne dormant dans une pièce à 28 °C passera jusqu’à 60 % de son temps en sommeil léger, contre 20 % en temps normal. Cette altération prolongée peut avoir des conséquences sur la productivité et l’humeur pendant plusieurs jours.

Mécanismes biologiques

Pour comprendre pourquoi les nuits chaudes perturbent le sommeil, il faut examiner le rôle de l’homéostasie thermique. Ce mécanisme permet au corps de maintenir une température interne stable, idéale pour le sommeil. Pendant la nuit, la température corporelle baisse naturellement pour favoriser l’endormissement. Cependant, une chaleur excessive empêche cette baisse, maintenant le corps en état d’alerte. Le cerveau, en réponse, produit moins de mélatonine, une hormone clé pour réguler les cycles veille-sommeil. Sans cette hormone, l’endormissement devient difficile, et le sommeil reste fragmenté.

Conséquences cognitives

Les perturbations du sommeil liées aux nuits chaudes ont des répercussions mesurables sur les fonctions cognitives. Une étude citée dans l’article indique que les personnes dormant dans des conditions de chaleur nocturne voient leur temps de réaction augmenter de 10 à 15 %, et leur capacité à résoudre des problèmes complexes diminuer de 20 %. Ces effets sont comparables à ceux observés après une nuit blanche. Les chercheurs précisent que ces baisses de performance peuvent persister pendant 24 à 48 heures après la nuit perturbée, affectant la prise de décision et la mémoire à court terme.

Ce que ça pourrait changer

Pour limiter ces effets, les experts recommandent plusieurs stratégies. D’abord, maintenir la chambre à une température inférieure à 22 °C, idéalement entre 18 et 20 °C, en utilisant des ventilateurs ou des climatiseurs. L’utilisation de draps en matières respirantes, comme le coton ou le lin, peut aussi aider à évacuer la chaleur corporelle. Une autre astuce consiste à prendre une douche tiède avant le coucher pour abaisser la température interne. Enfin, boire suffisamment d’eau et éviter les repas lourds le soir peut réduire la sensation de chaleur et favoriser un sommeil plus profond.

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