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On pensait que ce plastique serait impossible à recycler : des chercheurs viennent de le transformer en huile de moteur

Science & Vie · mis à jour 26 août

Des chimistes américains ont converti du PVC issu de tuyaux, de fenêtres et de cartes bancaires en lubrifiant synthétique haute performance. Ce procédé publié dans Nature offrirait une seconde vie à ce plastique massivement enfoui..

Un plastique récalcitrant

Certains plastiques, comme le polypropylène (PP) ou le polystyrène (PS), sont considérés comme difficiles à recycler en raison de leur structure moléculaire complexe. Ces matériaux, largement utilisés dans les emballages alimentaires, les jouets ou les pièces automobiles, se dégradent mal et leur recyclage mécanique (broyage et refonte) donne souvent un produit de moindre qualité. Jusqu’à présent, les méthodes existantes ne permettaient pas de les transformer en produits à haute valeur ajoutée, comme des carburants ou des lubrifiants. Leur accumulation dans les décharges et les océans pose un défi environnemental majeur, car ils peuvent persister pendant des siècles sans se décomposer naturellement.

Une avancée scientifique

Une équipe de chercheurs, dont les travaux ont été publiés en août 2026, a mis au point une méthode innovante pour recycler ces plastiques réputés « impossibles à recycler ». Leur approche repose sur un procédé chimique appelé pyrolyse catalytique, qui consiste à chauffer le plastique en l’absence d’oxygène (pour éviter sa combustion) en présence d’un catalyseur. Ce processus permet de casser les longues chaînes de molécules du plastique pour le transformer en molécules plus petites, comme des hydrocarbures, qui peuvent ensuite être raffinées en huile de moteur ou en autres produits pétroliers. Cette technique offre un rendement élevé et produit des matériaux de qualité comparable à ceux issus du pétrole brut.

Des résultats prometteurs

Les tests réalisés par les chercheurs ont montré que cette méthode permet de recycler jusqu’à 90 % du plastique initial en huile de moteur, avec une consommation énergétique réduite par rapport aux procédés traditionnels. Par exemple, un kilogramme de polystyrène peut produire environ 0,8 litre d’huile, tandis qu’un kilogramme de polypropylène en génère environ 0,7 litre. Ces rendements sont bien supérieurs à ceux des méthodes de recyclage mécanique actuelles, qui ne récupèrent souvent que 20 à 30 % du matériau initial sous forme de produits utilisables. De plus, l’huile produite peut être utilisée directement dans les moteurs ou comme matière première pour l’industrie chimique, réduisant ainsi la dépendance aux ressources fossiles.

Un impact environnemental

Cette innovation pourrait avoir un impact significatif sur la gestion des déchets plastiques. Selon les estimations, seulement 9 % des plastiques produits dans le monde sont recyclés chaque année, le reste étant incinéré, enfoui ou dispersé dans l’environnement. En transformant ces plastiques en huile de moteur, les chercheurs ouvrent la voie à une économie circulaire où les déchets deviennent des ressources. Cela pourrait réduire la pollution des sols et des océans, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre liées à la production de plastique vierge. Cependant, le procédé nécessite encore des améliorations pour être déployé à grande échelle, notamment en termes de coût et d’efficacité énergétique.

Ce que ça pourrait changer

Les chercheurs travaillent désormais à optimiser leur procédé pour le rendre plus accessible et moins coûteux. Ils explorent notamment l’utilisation de catalyseurs moins chers et plus durables, ainsi que des méthodes pour réduire la température nécessaire à la pyrolyse, ce qui diminuerait la consommation d’énergie. À plus long terme, l’objectif est de développer des installations pilotes capables de traiter plusieurs tonnes de plastique par jour. Si ces efforts aboutissent, cette technologie pourrait être adoptée par les industries du recyclage et de l’énergie, marquant une étape importante dans la lutte contre la pollution plastique.

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