Manuels censurés, cours menacés : l'enseignement du climat en péril sous Trump
Du Texas à l'Oklahoma, les attaques contre l'enseignement du réchauffement climatique se multiplient, entre manuels censurés, pressions des partis politiques locaux et autocensure des professeurs. San Antonio (États-Unis), correspondance Aux États-Unis, l'enseignement du réchauffement climatique reste l'objet de controverses.
L’article évoque une période marquée par l’administration de Donald Trump aux États-Unis, entre 2017 et 2021. Ce président républicain a souvent minimisé les enjeux climatiques, qualifiant par exemple le réchauffement climatique de hoax (canular en anglais). Son mandat a été caractérisé par des tensions entre les positions officielles du gouvernement fédéral, souvent sceptiques face aux sciences du climat, et les États fédérés, majoritairement démocrates, qui ont tenté de maintenir l’enseignement des questions environnementales dans les écoles. Cette période a vu émerger des conflits entre ces deux niveaux de pouvoir sur la manière d’aborder le climat dans les programmes scolaires.
Sous l’influence de l’administration Trump, des manuels scolaires ont été modifiés ou censurés pour réduire la place accordée aux sciences du climat. Par exemple, des termes comme réchauffement climatique ou changement climatique ont été remplacés par des formulations plus neutres comme variabilité climatique. Ces modifications visaient à atténuer l’urgence écologique dans les programmes éducatifs. Des enseignants et des associations ont signalé des pressions pour éviter d’aborder ces sujets en classe, avec des cas documentés dans des États comme la Floride ou le Texas, où les autorités locales ont restreint l’accès à certains contenus.
Les cours de sciences, notamment ceux traitant de l’environnement, ont été directement menacés par des lois et des directives locales. Dans certains États, des projets de loi ont été proposés pour interdire l’enseignement du climat, sous prétexte de neutralité politique ou de liberté académique. Par exemple, en 2020, un projet de loi en Floride a tenté de limiter l’accès à des ressources éducatives sur le climat, arguant que ces sujets étaient trop politiques. Ces mesures ont créé un climat de peur chez les enseignants, certains craignant des sanctions ou des pressions administratives s’ils abordaient ces thèmes.
Face à ces restrictions, de nombreux enseignants ont contourné les interdits en utilisant des méthodes alternatives pour aborder les questions climatiques. Certains ont intégré ces sujets dans des cours de géographie ou de biologie, tandis que d’autres ont organisé des débats ou des projets interdisciplinaires pour contourner les censures. Des associations comme le National Center for Science Education (NCSE) ont joué un rôle clé en fournissant des ressources pédagogiques alternatives et en soutenant les enseignants confrontés à ces pressions. Ces initiatives ont permis de maintenir un enseignement partiel des sciences du climat malgré les obstacles.
Les restrictions imposées sous l’administration Trump ont eu des répercussions durables sur l’enseignement du climat aux États-Unis. Une génération d’élèves a pu être exposée à une vision édulcorée ou biaisée des enjeux environnementaux, ce qui pourrait affecter leur compréhension des défis climatiques futurs. Des études ultérieures ont montré que les États ayant maintenu des programmes complets sur le climat avaient des élèves mieux informés et plus engagés dans les solutions écologiques. Ces disparités entre États soulèvent des questions sur l’égalité d’accès à une éducation scientifique de qualité.

