Au Honduras, le “bombardement de nuages” pour faire tomber la pluie
Confronté à une sécheresse qui frappe durement plusieurs régions du pays, le gouvernement hondurien prévoit de lancer une opération d’ensemencement de nuages afin de favoriser les pluies. Une technique controversée, dont l’efficacité reste discutée..
Le Honduras, pays d'Amérique centrale, subit une sécheresse historique en septembre 2026, aggravée par le phénomène El Niño. Ce dernier se caractérise par une baisse significative des précipitations sur la côte pacifique, entraînant des conséquences dramatiques pour l'agriculture et les écosystèmes. Les régions les plus touchées, comme le département de Valle, voient leurs ressources en eau s'amenuiser, mettant en péril les moyens de subsistance des populations locales. Par exemple, des agriculteurs comme Darwin Cruz, dans le village de Los Piches, témoignent de la mortalité accrue du bétail due à l'absence de pluies, illustrant l'urgence de la situation pour le pays.
Pour atténuer les effets de la sécheresse, le gouvernement hondurien, dirigé par le président Nasry Asfura, envisage une opération d'ensemencement de nuages, souvent appelée bombardement de nuages. Cette méthode ne consiste pas à créer artificiellement des nuages ou à fabriquer de la pluie, mais à exploiter des nuages déjà présents dans l'atmosphère. L'objectif est d'introduire des particules d'iodure d'argent dans ces nuages via des avions, afin de favoriser la formation de gouttes d'eau ou de cristaux de glace plus gros. Ces précipitations, une fois atteints un certain seuil, tombent sous forme de pluie. Cependant, cette technique nécessite des conditions atmosphériques spécifiques, notamment un taux d'humidité suffisant dans les nuages ciblés.
L'efficacité de l'ensemencement de nuages reste sujette à débat parmi les spécialistes. Plusieurs experts interrogés par des médias honduriens comme El Heraldo soulignent que cette méthode ne fonctionne que si les nuages présentent un niveau d'humidité adéquat. Sans cette condition, l'opération ne peut pas déclencher de précipitations. Le ministre de l'Agriculture et de l'Élevage, Moisés Molina, a précisé que l'opération serait lancée dès que les conditions climatiques seraient réunies, sans pour autant garantir son succès. Cette incertitude explique pourquoi la technique est qualifiée de controversée par certains observateurs.
Le *bombardement de nuages* s'inscrit dans une stratégie plus large pour faire face aux défis climatiques au Honduras. Le pays, comme d'autres nations d'Amérique centrale, est particulièrement vulnérable aux variations climatiques extrêmes, notamment celles liées à *El Niño*. En septembre 2026, cette sécheresse s'ajoute à d'autres crises environnementales, comme la montée du niveau de la mer qui menace des villages côtiers. Dans ce contexte, des projets comme l'ensemencement de nuages sont présentés comme des solutions d'urgence, bien que leur impact à long terme reste limité face à l'ampleur des changements climatiques globaux.

