La confiance dans la science reste élevée dans le monde, mais elle se fissure chez les électeurs de droite
Des États-Unis à l'Europe, on entend partout que le public ne croirait plus les scientifiques. Pourtant, les grandes enquêtes racontent une autre histoire.
Une étude internationale menée auprès de 72 000 personnes dans le monde révèle que la confiance dans la science reste globalement élevée, malgré les débats récents. Contrairement aux idées reçues, cette confiance ne se serait pas effondrée, mais elle présente des variations selon les profils politiques et géographiques. Les résultats montrent que la majorité des citoyens continuent de considérer la science comme une source fiable de connaissances, notamment pour résoudre des problèmes complexes comme les crises sanitaires ou environnementales. Cette stabilité s'observe dans des pays aux cultures politiques très différentes, suggérant que la science conserve un rôle central dans la société contemporaine.
L'étude met en lumière un phénomène préoccupant : la confiance dans la science diminue significativement chez les électeurs de droite, en particulier dans les pays occidentaux. Cette baisse est plus marquée dans les régions où les partis politiques conservateurs ou populistes gagnent en influence. Les chercheurs n'expliquent pas encore clairement les raisons de cette défiance, mais ils évoquent des facteurs comme la méfiance envers les institutions scientifiques perçues comme alignées sur des agendas politiques progressistes, ou encore la promotion de théories alternatives (comme le climatoscepticisme) par certains mouvements de droite. Cette tendance pourrait avoir des conséquences sur les politiques publiques et la gestion des crises futures.
L'étude s'appuie sur un échantillon de 72 000 participants, recrutés dans 60 pays, ce qui en fait l'une des plus larges jamais réalisées sur ce sujet. Les données ont été collectées entre 2020 et 2025, couvrant ainsi une période marquée par des événements majeurs comme la pandémie de Covid-19 ou les débats sur le changement climatique. Les chercheurs ont utilisé des questionnaires standardisés pour mesurer la confiance dans la science, en évaluant des aspects comme la crédibilité des chercheurs, l'utilité des découvertes ou encore la transparence des processus scientifiques. Cette méthodologie rigoureuse permet de comparer les résultats entre différents groupes et pays avec une grande fiabilité.
Les résultats varient fortement selon les régions du monde. Les pays nordiques et d'Europe de l'Ouest affichent les niveaux de confiance les plus élevés, tandis que les États-Unis et certains pays d'Europe de l'Est enregistrent des scores plus bas. En Asie, la confiance est généralement élevée, mais avec des nuances : par exemple, le Japon et la Corée du Sud montrent une forte adhésion, contrairement à la Chine où la science est perçue comme un outil de développement économique plutôt que comme une source de savoir désintéressée. Ces différences reflètent des contextes culturels, historiques et politiques distincts, ainsi que des niveaux variables de liberté académique.
Une confiance inégale dans la science pourrait avoir des répercussions majeures sur la société. Dans les pays où la défiance envers les scientifiques grandit, notamment chez les électeurs de droite, cela pourrait compliquer la mise en œuvre de politiques fondées sur des preuves, comme les mesures de lutte contre le réchauffement climatique ou les campagnes de vaccination. Les chercheurs soulignent aussi le risque d'une polarisation accrue, où les débats scientifiques seraient instrumentalisés à des fins politiques. Cette situation pourrait affaiblir la capacité des sociétés à répondre collectivement aux défis globaux, comme les pandémies ou les crises environnementales.

