L’abolition du ministère du Tourisme au Québec inquiète l’industrie
Grâce à des revenus annuels de 19 G$, le tourisme est l'une des principales industries du Québec..
Pour la première fois depuis 1963, le gouvernement du Québec n’a plus de ministère du Tourisme dédié. Cette responsabilité a été intégrée au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Énergie, dirigé par Stéphane Paquet. Cette décision marque un changement important dans l’organisation gouvernementale québécoise. Historiquement, ce ministère était chargé de soutenir une industrie majeure pour l’économie locale. Le ministère du Tourisme existait depuis 63 ans, ce qui souligne son rôle traditionnel dans la gestion des politiques publiques liées au secteur touristique.
Le secteur touristique québécois représente une industrie de 19 milliards de dollars par année, ce qui en fait la 4ᵉ industrie la plus importante de la province, après l’aérospatiale, l’aluminium et l’agroalimentaire. En 2025, les recettes touristiques ont atteint 18,9 milliards de dollars canadiens, soit une hausse de 4,8 % par rapport à 2024. Parmi ces revenus, 4,7 milliards proviennent des touristes étrangers. Ces chiffres illustrent l’impact économique majeur du tourisme, qui génère des emplois et contribue aux finances publiques. Geneviève Cantin, PDG de l’Alliance touristique du Québec, souligne que cette industrie soutient 420 000 emplois et 24 000 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire.
Le ministère du Tourisme avait pour mission de promouvoir le Québec comme destination touristique, d’attirer des visiteurs étrangers et de soutenir les entreprises locales. Geneviève Cantin, interrogée lors de l’émission Tout un matin sur les ondes d’ICI Première, exprime des inquiétudes quant à l’avenir de ce secteur sans ministère dédié. Elle rappelle que l’industrie touristique ne se limite pas aux activités récréatives : elle inclut aussi des services essentiels comme les hébergements, les transports et les attractions, qui emploient des milliers de personnes. Les revenus générés par le tourisme financent également des services publics, comme les CPE (Centres de la petite enfance), les écoles, les routes et les transports collectifs.
Geneviève Cantin, à la tête de l’Alliance touristique du Québec, avoue avoir besoin d’être rassurée par cette réorganisation. Elle souligne que le tourisme est une industrie en croissance, qui a surperformé en 2025, et que sa disparition en tant que ministère dédié pourrait entraîner des conséquences imprévues. L’Alliance touristique du Québec représente les intérêts de 24 000 entreprises du secteur, dont certaines dépendent fortement des politiques publiques pour leur développement. La question se pose donc de savoir si le nouveau ministère pourra assumer efficacement les responsabilités autrefois dévolues au ministère du Tourisme.
Cette décision s’inscrit dans le cadre de la formation du **Conseil des ministres** du premier ministre **Paul St-Pierre Plamondon**, présenté récemment. Le gouvernement a choisi de fusionner plusieurs responsabilités, dont celle du tourisme, au sein du ministère du Développement économique. Cette réorganisation vise probablement à simplifier la structure gouvernementale ou à intégrer le tourisme dans une approche plus large de développement économique. Cependant, les acteurs du secteur touristique s’interrogent sur les **modalités pratiques** de cette transition et sur la capacité du nouveau ministère à répondre aux besoins spécifiques d’une industrie aussi complexe et diversifiée.

