Après 20 ans de règne, Toyota a perdu son trône au Japon : le constructeur automobile a été dépassé par un géant de l’investissement dans la tech l’espace de quelques jours
C’est un tremblement de Terre pour l’économie japonaise, mais il n'a duré que quelques jours..
Pour la première fois depuis 20 ans, Toyota n’est plus la plus grande entreprise japonaise en termes de valeur boursière. Pendant quelques jours en juin 2026, le constructeur automobile a été dépassé par SoftBank, un géant spécialisé dans les investissements technologiques. Cette situation illustre un changement dans l’économie japonaise, où les entreprises traditionnelles comme Toyota, connues pour leur approche prudente et leur stabilité financière, voient leur domination remise en cause par des acteurs plus dynamiques et risqués. La capitalisation boursière mesure la valeur totale d’une entreprise sur les marchés financiers, calculée en multipliant le nombre d’actions par leur prix. Toyota, symbole de l’industrie automobile japonaise, perd ainsi un statut qu’il détenait depuis deux décennies.
SoftBank a vu sa valeur boursière augmenter de plus de 14 % en quelques jours en juin 2026, grâce à l’annonce d’un investissement majeur dans des infrastructures d’intelligence artificielle (IA) en France. Depuis le début de l’année 2026, son cours a progressé de 85 %, portant sa valorisation à plus de 300 milliards de dollars. Cette hausse s’explique par l’engagement de SoftBank dans des secteurs porteurs comme l’IA, avec des participations dans des entreprises comme ARM ou Alibaba. Masayoshi Son, le PDG de SoftBank, est connu pour ses prises de risques audacieuses, contrairement à Toyota, qui privilégie une croissance progressive et des bilans financiers solides. L’IA, ou intelligence artificielle, désigne des systèmes capables d’imiter des comportements humains, comme l’apprentissage ou la prise de décision.
SoftBank a annoncé un investissement de 75 milliards d’euros en France pour développer des centres de données dédiés à l’IA, d’une puissance totale de 5 gigawatts (GW). Ces infrastructures permettront de stocker et traiter des quantités massives de données, essentielles pour l’IA. La France a été choisie pour ses atouts : un accès facile à l’énergie, un écosystème numérique solide et une main-d’œuvre qualifiée. Roland Lescure, ministre français de l’Économie, a souligné que ces centres s’intégreraient dans un réseau industriel et technologique déjà bien établi. Un gigawatt équivaut à 1 milliard de watts, une unité de mesure de puissance électrique. Ce projet s’inscrit dans le cadre du sommet Choose France, qui vise à attirer des investissements étrangers en France.
Jesper Koll, un expert financier, a analysé ce basculement en expliquant que les entreprises japonaises doivent désormais s’adapter à un nouvel environnement économique. Les leaders charismatiques et les prises de risques audacieuses, comme celles de SoftBank, l’emportent sur les modèles traditionnels centrés sur la stabilité et l’amélioration progressive. Toyota, malgré sa solidité financière, incarne une approche plus conservatrice, tandis que SoftBank mise sur des secteurs innovants comme l’IA. Ce changement reflète une tendance mondiale où les technologies disruptives redéfinissent les hiérarchies économiques. Une approche *disruptive* désigne une innovation qui bouleverse les modèles existants, souvent en remplaçant des solutions établies par de nouvelles.

