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Carney reconnaît un manque de clarté concernant l’accord sur le pont Gordie-Howe

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 13 j

Selon l’entente de principe, le Canada partagera la moitié des recettes nettes des péages pendant 15 ans..

Ouverture du pont Gordie-Howe

Le pont international Gordie-Howe, reliant Windsor en Ontario (Canada) à Détroit au Michigan (États-Unis), ouvrira officiellement au trafic le lundi 22 juillet 2024, après son inauguration prévue le vendredi 19 juillet. Ce projet d’infrastructure, d’une valeur estimée à plusieurs milliards de dollars, vise à faciliter les échanges commerciaux et les déplacements entre les deux pays. Dès le 5 août 2024, les piétons et les cyclistes pourront également l’emprunter. Le pont porte le nom de Gordie Howe, légende du hockey sur glace, en hommage à son rôle dans les relations culturelles entre le Canada et les États-Unis. Son histoire remonte à 2001, avec des négociations complexes qui se sont prolongées jusqu’à l’administration de Donald Trump.

Partage des recettes de péage

L’accord final concernant le pont prévoit que le Canada partagera 50 % des recettes nettes des péages avec les États-Unis pendant les 15 premières années suivant son ouverture. Les recettes nettes désignent les revenus générés par les péages, une fois déduits les coûts d’entretien et de gestion du pont. Ces paiements canadiens seront versés à un Fonds de développement économique Canada–États-Unis, géré par le gouvernement américain. Initialement, le premier ministre Mark Carney avait affirmé que le partage des recettes ne commencerait qu’après le remboursement de la dette contractée par le Canada pour construire le pont, ce qui aurait pu prendre plusieurs décennies. Cependant, il a reconnu que cette explication n’était pas assez claire lors de ses précédentes déclarations.

Clarification de Mark Carney

Mark Carney, premier ministre du Canada, a reconnu jeudi 18 juillet à Charlottetown qu’il aurait pu mieux expliquer les détails de l’accord sur le partage des recettes de péage. Il a admis qu’il aurait pu être plus transparent, notamment en utilisant des exemples concrets ou des supports visuels, comme un chapeau de cowboy, pour rendre son propos plus accessible. Cette clarification intervient après des accusations de manque de transparence de la part de l’opposition conservatrice, qui reproche au gouvernement d’avoir modifié les termes initiaux de l’accord sans l’avoir clairement communiqué aux Canadiens.

Réactions de l'opposition

L’opposition conservatrice, représentée notamment par les députés Shuvaloy Majumdar et Kelly McCauley, a critiqué le gouvernement en accusant Mark Carney d’avoir menti ou dissimulé la vérité sur les termes de l’accord. Ils estiment que le partage des recettes de péage, tel qu’il est désormais prévu, diffère de ce qui avait été initialement promis. Le député Kelly McCauley a annoncé qu’il convoquerait une réunion du Comité permanent des opérations gouvernementales de la Chambre des communes le 29 juillet 2024 pour faire la lumière sur cette affaire. La députée néo-démocrate Heather McPherson a également souligné que les Canadiens méritent des informations claires et transparentes sur un projet d’infrastructure aussi important.

Contexte politique tendu

L’annonce de l’ouverture du pont intervient dans un contexte de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis. Donald Trump, président américain, a menacé d’imposer des droits de douane de 50 % sur plusieurs produits canadiens, comme des représailles aux politiques canadiennes sur l’alcool, les produits laitiers et les quotas automobiles. Ces menaces ont déjà conduit à reporter une cérémonie d’inauguration prévue en juin 2024. Mark Carney a indiqué avoir discuté avec Donald Trump mardi 16 juillet pour tenter de désamorcer ces tensions et intensifier les négociations commerciales. Le gouvernement canadien a décidé de ne pas célébrer officiellement l’ouverture du pont avec les États-Unis en raison de ce contexte.

Ce que ça pourrait changer

Le *Fonds de développement économique Canada–États-Unis*, mentionné dans l’accord, est un mécanisme financier géré par le gouvernement américain. Il vise à redistribuer une partie des recettes de péage du pont pour financer des projets économiques entre les deux pays. Ce fonds pourrait soutenir des initiatives locales, comme des infrastructures, des programmes éducatifs ou des partenariats commerciaux. Les modalités exactes de son fonctionnement et de son utilisation n’ont pas été détaillées dans l’article. Ce fonds est distinct des accords commerciaux bilatéraux, comme l’*ALENA* (Accord de libre-échange nord-américain), et s’inscrit dans une logique de coopération transfrontalière.

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