Un ministre israélien jure de vider la bande de Gaza de ses habitants
Le «plan de migration» sera exécuté après que la reprise des combats aura permis de «finir le travail», dit Israël Katz..
Israël Katz, ministre israélien de la Défense, a déclaré que l’armée israélienne était prête à « terminer le travail » dans la bande de Gaza avant de mettre en œuvre un « plan de migration » visant à vider le territoire de ses 2 millions d’habitants. Ces propos, tenus lors d’une campagne électorale pour les législatives israéliennes de fin octobre 2024, s’inscrivent dans une logique de poursuite de l’offensive militaire lancée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023, qui avait causé plus de 1 200 morts en Israël. Katz a précisé que 70 % de la population de Gaza avait déjà été déplacée à l’intérieur du territoire depuis le début de la guerre. Il a également évoqué la nécessité d’un feu vert des États-Unis pour organiser ce déplacement, affirmant que Washington cherchait à déterminer où envoyer les Gazaouis. Ces déclarations s’ajoutent à des propos similaires tenus en septembre 2024, où Katz avait évoqué un déplacement « volontaire » des Palestiniens, bien que la quasi-totalité de la population ait déjà été affectée par les destructions et les déplacements forcés.
L’Égypte, qui partage une frontière terrestre avec la bande de Gaza, a réaffirmé son opposition catégorique à tout projet de déplacement des Palestiniens, qualifiant cette idée d’inacceptable. Lors d’une visite officielle du président palestinien Mahmoud Abbas en Égypte, le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a réitéré cette position, soulignant que Le Caire refusait « toute tentative d’anéantir la cause palestinienne ». L’Égypte rejette ces plans depuis 2023 et a déjà refusé des propositions américaines ou israéliennes visant à déplacer des Gazaouis vers la péninsule du Sinaï, en échange d’effacements partiels de sa dette extérieure. Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, avait précisé en 2023 que Le Caire avait décliné plusieurs offres en ce sens. Cette position égyptienne est soutenue par la communauté internationale, bien que l’ambassadeur américain en Israël, Mike Huckabee, ait démenti tout projet de déplacement forcé des Gazaouis.
La guerre entre Israël et le Hamas, déclenchée après l’attaque du 7 octobre 2023, a provoqué une crise humanitaire sans précédent dans la bande de Gaza. Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l’autorité du Hamas mais dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU, le conflit a causé plus de 73 000 morts et 174 000 blessés parmi les Palestiniens. La grande majorité des infrastructures de Gaza ont été détruites ou endommagées, laissant la population sans abri. Par exemple, l’effondrement d’un immeuble de six étages dans la ville de Gaza a causé la mort d’au moins 20 personnes, dont cinq enfants, et piégé des dizaines d’autres sous les décombres. Les secouristes palestiniens, opérant avec des moyens rudimentaires en raison du manque d’équipements lourds autorisés à entrer dans le territoire, ont dénoncé l’impossibilité de mener des opérations de sauvetage efficaces. Les habitants, privés de logements, sont contraints de se réinstaller dans des bâtiments fragilisés par les frappes, malgré les risques encourus.
Le conflit à Gaza s’inscrit dans un contexte politique complexe, marqué par des élections législatives israéliennes prévues fin octobre 2024. Les déclarations d’Israël Katz s’adressent à un adversaire politique, Ofer Winter, candidat d’une nouvelle formation de droite, qui avait critiqué l’incapacité d’Israël à « finir le travail » à Gaza malgré trois ans de guerre et cinq divisions engagées. Katz a répondu en affirmant que l’armée était prête à reprendre les combats de manière totale pour « terminer le travail » avant d’appliquer le plan de migration. Parallèlement, le Hamas, mouvement islamiste palestinien au pouvoir à Gaza, continue de résister, comme en témoigne la présence de commandants et de brigades dans la ville de Rafah, dans le sud du territoire. La reprise des combats pourrait aggraver encore la situation humanitaire, déjà qualifiée de « dangereuse et sans précédent » par le bureau de presse du Hamas.

