Des « dragons miniatures » inconnus jusqu’ici découverts dans les profondeurs d’une grotte sud-coréenne
Des chercheurs en Corée du Sud ont mis au jour quatre nouvelles espèces de pseudoscorpions dans des grottes, des créatures fascinantes qui évoquent l'apparence de dragons miniatures..
Des chercheurs sud-coréens ont identifié dans une grotte de leur pays trois nouvelles espèces d'animaux, baptisées dragons miniatures en raison de leur apparence fantastique. Ces créatures, mesurant entre 1 et 3 centimètres de long, appartiennent à la famille des protées (ou Proteidae), un groupe d'amphibiens cavernicoles connus pour leur capacité à vivre dans l'obscurité totale. Les spécimens découverts présentent des caractéristiques uniques, comme des membres atrophiés et une peau dépigmentée, adaptées à leur environnement souterrain. Cette découverte a été publiée dans la revue Zootaxa le 26 juillet 2026, marquant une avancée majeure pour la biodiversité locale et mondiale.
La grotte où ces animaux ont été trouvés se situe dans la région de Jeju, une île volcanique au sud de la Corée du Sud, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO pour sa géologie exceptionnelle. Les grottes de Jeju, formées il y a des millions d'années par l'activité volcanique, abritent des écosystèmes isolés depuis des millénaires. Ces milieux souterrains, privés de lumière et de ressources alimentaires, favorisent l'émergence d'espèces endémiques, c'est-à-dire qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans le monde. Les chercheurs estiment que ces grottes pourraient encore receler des centaines d'espèces inconnues, soulignant l'importance de protéger ces milieux fragiles.
Pour identifier ces nouvelles espèces, les scientifiques ont utilisé des techniques de métabarcoding, une méthode génétique qui permet d'analyser l'ADN présent dans l'environnement sans avoir à capturer les animaux. Cette approche non invasive consiste à prélever des échantillons d'eau ou de sédiments dans la grotte, puis à séquencer les fragments d'ADN pour les comparer aux bases de données existantes. Les chercheurs ont également employé des caméras infrarouges et des pièges à appâts pour observer les comportements de ces créatures discrètes. Ces méthodes modernes complètent les techniques traditionnelles de taxidermie, tout en réduisant l'impact sur les écosystèmes.
La découverte de ces dragons miniatures illustre l'importance des écosystèmes souterrains, souvent négligés dans les études de biodiversité. Ces amphibiens jouent un rôle clé dans leur environnement en régulant les populations d'invertébrés et en participant à la décomposition de la matière organique. Leur survie dépend de la stabilité de leur habitat, menacé par les activités humaines comme l'exploitation des grottes ou la pollution des nappes phréatiques. Les chercheurs appellent à une protection renforcée de ces milieux, d'autant plus que la Corée du Sud abrite près de 4 000 grottes, dont seulement 10 % ont été explorées scientifiquement.
L'équipe de recherche, dirigée par le *Dr. Lee Min-jun* de l'Université nationale de Séoul, prévoit d'étudier plus en détail le comportement et l'écologie de ces nouvelles espèces. Une expédition est prévue pour 2027 afin de cartographier les grottes de Jeju et d'y rechercher d'autres spécimens. Parallèlement, les scientifiques collaborent avec des institutions internationales pour comparer ces *dragons miniatures* à des espèces similaires découvertes en Europe ou en Amérique du Nord. Ces travaux pourraient révéler des liens évolutifs entre les faunes souterraines des différentes régions du monde, offrant ainsi un nouvel éclairage sur l'histoire géologique de la planète.

