“Arrêtez de tuer Internet” : ces citoyens s’opposent à l’obligation de la vérification d’identité sur les réseaux sociaux
Alors que la France vient d'interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans au prix d'un contrôle d'identité généralisé, une initiative citoyenne européenne débarque à Bruxelles pour exiger que les vérifications d'âge restent strictement volontaires et respectueuses de notre vie privée..
Depuis le 1er septembre 2026, la France interdit l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans. Cette mesure s’accompagne d’un contrôle strict de l’âge des utilisateurs, qui devront présenter un document officiel comme une carte d’identité ou utiliser des services gouvernementaux comme FranceConnect pour prouver leur âge. Les mineurs déjà inscrits bénéficient d’un délai jusqu’en janvier 2027 pour se conformer à cette règle. Cette obligation de vérification concerne également les adultes, suscitant des inquiétudes quant à la fin de l’anonymat en ligne. Certains experts soulignent que ce système pourrait être facilement contourné via des outils comme un VPN (réseau privé virtuel), qui permet de masquer son adresse IP et de simuler une localisation dans un autre pays.
Face à cette mesure, une initiative citoyenne européenne s’est formée pour contester l’obligation de vérification d’identité en ligne. Baptisée « Stop Killing The Internet: No Digital ID & No Age Verification » (« Arrêtez de tuer Internet : pas d’identité numérique et pas de vérification de l’âge »), cette Initiative Citoyenne Européenne (ICE) a été enregistrée par la Commission européenne. Son objectif est de pousser l’UE à adopter une législation garantissant que les vérifications d’âge et l’identité numérique restent strictement volontaires, respectueuses de la vie privée et non discriminatoires. Les citoyens réclament des solutions techniques comme la cryptographie préservant la vie privée, des alternatives non numériques et l’interdiction du suivi entre les services en ligne.
Les signataires de l’ICE proposent des exigences précises pour encadrer les vérifications d’âge et l’identité numérique. Ils demandent l’utilisation de méthodes cryptographiques anonymes ou pseudonymes, permettant de prouver son âge sans révéler son identité. Ils exigent aussi l’interdiction technique et juridique du suivi entre les services en ligne, ainsi que la mise en place de standards ouverts et de protocoles cryptographiques audités publiquement. Enfin, ils réclament des alternatives non numériques pour les personnes qui refusent ou ne peuvent pas utiliser un portefeuille numérique. Si l’initiative recueille 1 million de signatures dans au moins sept pays de l’UE, la Commission européenne sera obligée d’examiner ces propositions.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte où l’Union européenne cherche à protéger les mineurs en ligne tout en préservant les libertés individuelles. La Commission européenne a validé l’enregistrement de l’ICE, ce qui marque une étape importante pour les citoyens souhaitant influencer les politiques numériques. Les débats autour de l’identité numérique et de la vérification d’âge reflètent des tensions plus larges entre sécurité, vie privée et innovation technologique. La France, en étant le premier pays européen à interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, joue un rôle clé dans cette dynamique, mais ses mesures suscitent des critiques quant à leur efficacité et leur respect des droits fondamentaux.

