“Il faut que je puisse me défendre moi-même” : en Pologne, la grande peur des Ukrainiennes
À Varsovie, les réfugiées sont de plus en plus nombreuses à s’inscrire à des cours de boxe ou de krav maga alors que la montée de l’hostilité envers les ressortissants ukrainiens dans le pays débouche sur des agressions de plus en plus nombreuses, explique “Gazeta Wyborcza”..
Depuis le début de la guerre en Ukraine en 2022, de nombreuses Ukrainiennes ont fui leur pays pour se réfugier en Pologne, un pays voisin. Parmi elles, certaines, comme Julia âgée de 22 ans, vivent à Varsovie depuis quinze ans. Leur intégration était autrefois plus facile, mais aujourd'hui, elles font face à une hostilité croissante de la part de la population polonaise. Cette situation pousse de plus en plus de femmes ukrainiennes à s'inscrire à des cours d'autodéfense, comme le krav maga ou la boxe, pour se protéger. À Varsovie, le club Black Belt Krav Maga compte désormais 10% d'Ukrainiennes parmi ses élèves, un chiffre qui illustre cette tendance.
L'article rapporte que les agressions envers les Ukrainiennes en Pologne se multiplient. Julia, par exemple, témoigne d'insultes quotidiennes, comme des remarques lui demandant de retourner en Ukraine, simplement parce qu'elle parle ukrainien au téléphone. Les situations les plus tendues surviennent dans les lieux de vie nocturne, où des hommes lui adressent des propos sexistes ou des insultes comme 'putain ukrainienne' si elle refuse une danse ou un verre. Ces comportements reflètent une montée générale de l'aversion envers les Ukrainiens en Pologne, selon une étude de la fondation CBOS.
Les données montrent une dégradation rapide des relations entre Polonais et Ukrainiens. En février 2025, 43% des Polonais déclarent éprouver de l'aversion pour les Ukrainiens, contre 38% en 2024 et seulement 30% en 2023. Cette tendance s'explique en partie par des facteurs économiques, comme la concurrence sur le marché du travail, et par des tensions politiques liées à l'accueil des réfugiés. Les Ukrainiennes, en particulier, deviennent des cibles privilégiées de cette hostilité, subissant des violences verbales et physiques de plus en plus fréquentes.
Face à cette insécurité, les cours d'autodéfense, comme le krav maga (méthode israélienne d'autodéfense) ou la boxe, attirent de plus en plus d'Ukrainiennes en Pologne. Krzysztof Matyszczak, entraîneur au club Black Belt Krav Maga de Varsovie, confirme cette tendance. Ces cours visent à apprendre des techniques de défense physique, mais aussi à renforcer la confiance en soi. Pour beaucoup de femmes, c'est une réponse directe à la peur des agressions, qu'elles soient verbales ou physiques. Ces formations deviennent ainsi un moyen de se protéger dans un environnement de plus en plus hostile.
Julia, une jeune Ukrainienne de 22 ans vivant à Varsovie depuis quinze ans, partage son expérience. Elle décrit comment des hommes, dans les boîtes de nuit, la perçoivent comme une menace ou une proie simplement parce qu'elle est ukrainienne. Les refus de danser ou de boire sont souvent suivis d'insultes, comme *'putain ukrainienne'*, qui reflètent un mépris profond. Son témoignage illustre le quotidien de nombreuses Ukrainiennes en Pologne, où la peur et l'humiliation font désormais partie de leur vie. Ces récits montrent l'urgence de trouver des solutions pour protéger cette communauté vulnérable.

