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Des batteries pour voitures électriques made in France : pénétrez dans la gigantesque usine du chinois Envision à Douai

Presse-Citron · mis à jour il y a 20 j

Comment la France apprend-elle à fabriquer ses propres batteries électriques ? Immersion à Douai, où des techniciens chinois transmettent leur savoir-faire dans une nouvelle usine géante..

Usine géante à Douai

À Douai, dans les Hauts-de-France, le géant chinois Envision a construit une usine de batteries électriques d'une taille exceptionnelle, appelée gigafactory. Ce site industriel, situé juste en face de l'usine historique de Renault, est un pilier de la Battery Valley française, une zone dédiée à la production locale de batteries pour véhicules électriques. L'objectif est de fabriquer en France des cellules et modules de batteries, notamment pour les modèles Renault 5 E-Tech et Renault 4, afin de réduire la dépendance du pays aux importations asiatiques. L'usine a bénéficié d'un soutien financier de 48 millions d'euros de l'Union européenne et représente un investissement total de 2 milliards d'euros de la part du groupe Envision.

Processus de fabrication

La fabrication des batteries repose sur un procédé ultra-précis et automatisé. Les techniciens travaillent dans des salles blanches, des espaces où l'air est filtré pour éliminer toute poussière ou humidité, essentielle pour préserver la qualité des cellules. Des rouleaux de cuivre et d'aluminium, d'une épaisseur de seulement 0,1 millimètre, sont recouverts d'un mélange liquide de nickel, manganèse et cobalt, puis découpés et empilés avec une grande précision. Ces cellules sont ensuite assemblées en modules compacts de 50 kilogrammes, prêts à être installés sous le plancher des voitures électriques. Environ 1 500 salariés travaillent sur le site, dont la moitié dans ces environnements contrôlés.

Transfert de savoir-faire

Pour maîtriser ce procédé complexe, encore émergent en Europe, l'usine emploie 200 experts chinois qui forment les équipes locales et supervisent la production. Ces spécialistes transmettent leur expertise technique aux salariés français, tout en aidant à la montée en puissance des lignes de fabrication. En parallèle, l'entreprise recrute activement : 200 nouveaux CDI sont prévus dans les six prochains mois, dont une quarantaine de postes dédiés à la maintenance technique. Ce transfert de connaissances vise à ancrer durablement ce savoir-faire en France.

Ce que ça pourrait changer

L'ouverture de cette usine s'inscrit dans une stratégie européenne pour réduire la dépendance du continent aux batteries produites en Asie, où domine actuellement la Chine. En produisant localement, la France et l'Europe cherchent à optimiser les coûts logistiques, à diminuer leur empreinte carbone et à sécuriser leur approvisionnement en batteries, un composant clé pour les véhicules électriques. Ce projet illustre aussi l'importance des subventions publiques, comme les 48 millions d'euros alloués par l'UE, pour soutenir l'industrie verte et favoriser l'innovation technologique sur le sol européen.

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