Ces 5 zones du corps dégagent une odeur caractéristique après 60 ans : il faut les laver tous les jours
Le vieillissement modifie la chimie de la peau et génère un composé odorant que le lavage classique ne supprime pas. Certains gestes ciblés permettent d'en atténuer les effets.
En 2001, des chercheurs japonais du centre de recherche Shiseido à Yokohama ont identifié une molécule appelée le 2-nonénal, responsable d’une odeur corporelle caractéristique qui apparaît après 40 ans. Ce composé est un aldéhyde insaturé produit par l’oxydation des acides gras oméga-7, des lipides naturellement présents dans la peau. Contrairement aux odeurs liées à la transpiration ou à l’hygiène, celle-ci n’est pas éliminée par un lavage classique à l’eau, car le 2-nonénal ne se dissout pas dans l’eau. Cette molécule persiste sur la peau et peut même s’imprégner dans les vêtements ou les draps, rendant son élimination plus difficile. Les scientifiques ont observé que sa concentration augmente régulièrement avec l’âge, atteignant en moyenne 2,6 parties par million entre 40 et 70 ans.
Avec le vieillissement, les défenses antioxydantes de la peau s’affaiblissent, ce qui accélère l’oxydation des lipides en surface. Ce processus chimique libère le 2-nonénal, donnant une odeur rance ou cireuse, souvent décrite comme différente de celle de la jeunesse. Ce phénomène, appelé kareishū au Japon, est un phénomène biologique naturel et non lié à un manque d’hygiène. Les chercheurs ont analysé les sécrétions cutanées de volontaires âgés de 26 à 75 ans, confirmant que cette molécule apparaît progressivement après 40 ans et se concentre davantage après 60 ans. L’oxydation des oméga-7 est donc un marqueur du vieillissement cutané.
Après 60 ans, cinq zones du corps concentrent particulièrement le 2-nonénal en raison de leur exposition à l’humidité, à la chaleur ou à des micro-organismes. La langue retient des résidus alimentaires et des bactéries entre ses papilles, favorisant la mauvaise haleine, surtout si la production de salive diminue. Les narines accumulent des sécrétions, surtout en hiver avec le chauffage, qui assèche les muqueuses. Les aisselles, en raison de la chaleur et de l’humidité, voient proliférer les bactéries. Les pieds, soumis à la pression et à la transpiration dans les chaussures, peuvent aussi développer des odeurs persistantes. Enfin, le nombril, souvent négligé, piège sueur et cellules mortes dans ses replis, créant un terrain propice aux odeurs.
Pour réduire l’impact du 2-nonénal, un lavage classique à l’eau et au savon ne suffit pas, car cette molécule résiste à l’eau. Les chercheurs recommandent d’adopter des soins ciblés, notamment des produits enrichis en antioxydants, qui aident à neutraliser les radicaux libres responsables de l’oxydation des lipides. Il est conseillé de laver quotidiennement les cinq zones à risque avec de l’eau tiède et un produit doux, en insistant sur les plis et les espaces difficiles d’accès comme le nombril ou entre les orteils. Les vêtements et les draps doivent aussi être lavés régulièrement pour éviter l’imprégnation de l’odeur. Ces gestes permettent d’atténuer, sans éliminer complètement, l’effet du vieillissement sur l’odeur corporelle.
L’apparition du 2-nonénal et l’évolution de l’odeur corporelle avec l’âge ne sont pas limitées à une population ou à un pays. Ce phénomène biologique touche tous les individus à partir de 40 ans, avec une intensification après 60 ans. Au Japon, où ce phénomène est bien documenté, des soins cosmétiques spécifiques ont été développés pour répondre à cette problématique. Cependant, il n’existe pas de solution miracle : même avec une hygiène rigoureuse, l’odeur liée à l’âge peut persister en raison de la nature chimique du 2-nonénal. Les chercheurs soulignent que cette évolution olfactive est un marqueur du vieillissement cutané, au même titre que les rides ou la sécheresse de la peau.

