L’Arabie saoudite promet de riposter fermement aux attaques des Houthis
Riyad a publié mardi plusieurs alertes de risque d’attaque, dont une pour La Mecque, ville sainte de l’islam..
Depuis juillet 2026, le Yémen est entraîné dans un conflit régional qui oppose les forces gouvernementales yéménites, soutenues par l’Arabie saoudite, aux Houthis, un mouvement armé pro-iranien. Ces derniers ont lancé une offensive pour prendre le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb, une zone stratégique reliant la mer Rouge au golfe d’Aden. Ce détroit est essentiel pour le transport maritime entre l’Europe et l’Asie, car il permet l’accès au canal de Suez. Les combats récents dans l’ouest du Yémen ont causé des centaines de morts et déplacé près de 94 000 personnes, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
L’Arabie saoudite, alliée du gouvernement yéménite, a réagi avec fermeté aux attaques des Houthis. Mardi 15 septembre 2026, la défense civile saoudienne a émis des alertes de risque d’attaque, notamment pour La Mecque, Jeddah et Taëf, avant de les lever rapidement. Riyad a riposté par une cinquantaine de frappes aériennes après des attaques houthies qui ont blessé 13 civils dans le sud du pays. Le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de facto du royaume, a multiplié les contacts diplomatiques, notamment avec les États-Unis et l’Égypte, pour obtenir des garanties de protection du détroit de Bab el-Mandeb.
L’Arabie saoudite se retrouve dans une situation critique, prise entre les attaques des Houthis au Yémen et les tensions dans le détroit d’Ormuz, contrôlé par l’Iran. Ce détroit, par lequel transitait avant la guerre un cinquième des hydrocarbures mondiaux, est régulièrement ciblé par des navires non autorisés par Téhéran. La fermeture de Bab el-Mandeb serait «catastrophique» pour le commerce mondial, selon le Qatar. Pour contourner le blocage d’Ormuz, l’Arabie saoudite utilise l’oléoduc Est-Ouest, mais celui-ci est à l’arrêt depuis des attaques de drones venues d’Irak.
Les attaques des Houthis ont des conséquences économiques majeures. Elles ont visé les infrastructures pétrolières saoudiennes, faisant grimper le prix du baril de pétrole au-dessus de 100 dollars. Mardi 15 septembre 2026, le cours du baril de Brent a augmenté de 2,44 %, atteignant 108,26 dollars. Cette hausse reflète les craintes des marchés face à l’instabilité régionale et à la menace sur les approvisionnements en hydrocarbures. Les investisseurs adoptent une attitude prudente, craignant une escalade du conflit.
L’Iran, principal soutien des Houthis, affirme ne pas intervenir directement dans le conflit yéménite. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, a déclaré que les Houthis étaient des acteurs indépendants prenant leurs décisions en fonction de leurs propres intérêts. Cependant, Téhéran a rejeté tout dialogue avec les États-Unis, malgré des signaux contradictoires de la part de Donald Trump. Le secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranienne, Mohsen Rezaï, a affirmé qu’aucune discussion ne serait possible tant que les conditions de l’Iran ne seraient pas remplies.
Une réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies est prévue mardi 15 septembre 2026 à 15 h (HAE) pour évoquer la situation dans le détroit de Bab el-Mandeb. L’Arabie saoudite et le Yémen devraient y participer, selon des sources diplomatiques. Cette réunion vise à trouver une issue diplomatique à la crise, alors que les négociations pour résoudre le conflit régional sont au point mort depuis plusieurs semaines. Le Qatar, autre acteur clé de la région, a appelé à la prudence et au dialogue pour éviter une fermeture du détroit.

